16 février 2015

Nantes et la Loire (8) : Salons Loire

Troisième contribution au Grand débat

La Tribune Loire donnerait à Nantes un lieu de rencontre informel où la Loire occuperait la place d’honneur. Il nous faudrait aussi un lieu plus formel, solennel, où des cérémonies publiques et privées, du genre mariages ou bals des déb’, se dérouleraient au contact du fleuve. Quelque chose comme ce qu’étaient jadis, Loire en moins, les Salons Mauduit. (À propos, encore un bel exemple de procrastination à l’ère Ayrault : dix ans de réflexion sur un bâtiment désaffecté pour décider essentiellement… une reconstruction à l’identique.)

Et ce lieu, potentiellement, existe déjà ! Une fois l'amalgame régional désagrégé et la Loire-Atlantique revenue à la Bretagne, ce qui ne saurait tarder, le palais régional de Durand Ménard Thibault trouvera là une vocation digne de lui.

Cet édifice de prestige réunit déjà presque tout le nécessaire : une architecture majestueuse, une noble coupole, de vastes salons, de beaux jardins, une grande terrasse sur la Loire, l’indispensable parking, un embarcadère pour les liaisons et les promenades sur le fleuve, une desserte par chronobus et même une zone d'atterrissage pour hélicoptères ! Que demande le peuple ? Tous ces beaux équipements aujourd'hui sous-employés seraient ainsi mis à peu de frais au service des Nantais et de l'image de la ville.

12 février 2015

Nantes et la Loire (7) : Tribune Loire

Deuxième contribution au Grand débat

La Loire à Nantes, on sait qu’elle est là mais on ne la voit pas tellement, ou alors derrière des barrières. Voici bien longtemps, la municipalité Ayrault avait fait grand cas de l’aménagement d’une promenade le long de la voie sur berge. Le piéton qui s’y aventure aujourd’hui depuis le pont Général-Audibert se heurte vite à un panneau d’interdiction doublé d’un épais fourré. Et nulle part ou presque on ne peut toucher la Loire du doigt. Dans les ports, autrefois, des cales assuraient la transition entre l’eau et la terme ferme ; elles rendaient l’onde familière. Il ne nous reste aujourd’hui que les deux grandes cales des Chantiers au pied de la grue Titan jaune, excentrées et pas très gratifiantes.
 Il nous faudrait un endroit à la gloire de la Loire, un lieu de rencontres et de réjouissances au contact du fleuve. On l’imagine comme un amphithéâtre descendant vers une petite rade, où les Nantais viendraient se promener, se rencontrer, manifester, pique-niquer aux beaux jours, assister parfois à des spectacles flottants. À marée montante, on évacuerait les gradins inférieurs. Au jusant, on les réinvestirait.

Cette Tribune Loire devrait être toute proche du centre-ville. On pourrait lui sacrifier une partie du parking de la Petite-Hollande, face à la médiathèque. Ou, mieux encore, l’aménager sur l’île de Nantes. Un emplacement s’impose alors : celui du palais de justice. La place est occupée ? Oui, et alors ? Faisons place nette !

Moche et massif, le palais de justice verrouille visuellement la perspective entre l’île de Nantes et le centre-ville. Pour accéder au quartier de la création, il faut d'abord contourner ce symbole de lourdeur et de rigidité. Sa destruction libérerait la vue et les esprits ‑ et sanctionnerait solennellement, comme une peine capitale, les erreurs de conception et les malfaçons à cause desquelles il menace ruine en permanence. La Tribune Loire donnerait au quartier de la création le forum dont il va avoir besoin pour exister collectivement ; elle deviendrait vite le centre vital où architectes, graphistes, vidéastes, communicants et autres artistes fertiliseraient mutuellement leurs idées. Considérée comme une emmerdeuse tout au long de l’ère Ayrault, la Loire redeviendrait enfin une inspiratrice !

11 février 2015

Machines de l’île : encore des calculs au doigt mouillé

« Les étrangers de plus en plus nombreux aux Machines de l’île », titrait 20 minutes avant-hier. Les Machines ont compté 51.400 visiteurs étrangers en 2014. (Comme d’habitude, elles entretiennent la confusion entre « visiteurs » et « billets vendus », mais passons…) Il aurait été tout aussi vrai d’écrire : « Les étrangers de moins en moins nombreux aux Machines de l’île ». En effet, les 51.400 étrangers revendiqués ne représentent que 8,7 % de la fréquentation des Machines, contre 9 % l’an dernier.

Tout simplement, comme la fréquentation étrangère a moins augmenté que la fréquentation globale, la proportion d’étrangers a baissé mécaniquement. Au passage, on notera que le nombre d’étrangers n’a pas progressé de 11 % comme indiqué mais de 9,6 % seulement. En effet, 46.892 billets avaient été vendus à des étrangers en 2013.

Toujours au chapitre des calculs bizarres, les 591.117 billets vendus en 2014 se répartissent ainsi, selon Frédéric Brenon, qui relate les propos de Pierre Orefice :
  • Carrousel : 265.000,
  • Galerie : 234.600
  • Grand éléphant : 91.000.
La bizarrerie n’est pas dans les 517 visiteurs manquants, simple problème d’arrondi, mais dans la différence avec les chiffres indiqués le 24 janvier par Presse Océan, d’après le même Pierre Orefice :
  • Carrousel : 270.000,
  • Galerie : 225.000
  • Grand éléphant : près de 90.000.
Ces écarts sont des bricoles, d’accord. Mais si Les Machines veulent entraîner Nantes Métropole dans une dépense de 35 millions d’euros avec l’Arbre aux hérons, elles feraient mieux de présenter des chiffres qui ne soient pas calculés au doigt mouillé.

04 février 2015

Bolopoly (15) : le WIR n’est pas celui qu’on croit

Sur la page d'accueil du site www.sonantes.fr
Les promoteurs du SoNantes mettent systématiquement en avant l’exemple du WIR suisse, créé en 1934 pour faire face à la crise économique. Nombre d’autres monnaies locales ont été lancées à l’époque. Seul le WIR a survécu jusqu’à nos jours. On préfère naturellement oublier celles qui ont échoué.

Mais le WIR tel qu’il inspire la future monnaie complémentaire nantaise n’existe plus depuis 1948. Contrairement à SoNao, gestionnaire du SoNantes, Banque WIR est aujourd’hui une banque comme les autres qui propose des placements et des crédits, et gère presque trois fois plus de fonds en franc suisse qu’en WIR.

Si l’on prend modèle sur le WIR, encore faudrait-il bien le connaître. Pascal Bolo, adjoint au maire chargé des finances, a assuré devant le conseil municipal du 19 décembre 2014 que « la monnaie locale complémentaire WIR est utilisée par un tiers des artisans et des PME suisses, et génère un chiffre d’affaires équivalent à 5 milliards de francs suisses ». Cette phrase réunit à elle seule trois inexactitudes :
  • Bien entendu, ce n’est pas le WIR qui « génère » le chiffre d’affaires, c’est l’activité des entreprises.
  • En 2013, écrit la Banque WIR elle-même, « les participants ont généré un volume d’affaires WIR de 1,43 milliard de CHW », soit autant de francs suisses (1 CHW = 1 CHF), donc 3,5 fois moins que ne le prétend le grand argentier de la ville de Nantes.
  • La Banque WIR revendique 45.000 PME participantes. En 2012, la Suisse comptait 556.302 PME. Ce ne sont pas un tiers des PME* qui utilisent le WIR mais 8 % seulement : quatre fois moins qu’annoncé.
De telles inexactitudes n’augurent pas bien de la qualité des analyses effectuées. On n’est donc pas trop surpris par cette affirmation, toujours de Pascal Bolo, toujours devant le conseil municipal du 19 décembre 2014 : « Il est démontré que ce type de monnaie, notamment le WIR en Suisse, circule quatre à six fois plus vite que l’euro ».

Certes, la vitesse de circulation de la monnaie est une considération importante. Mais que cherche-t-on à comparer ? Déjà, il faudrait savoir si M. Bolo songe à la vélocité de l’euro en France ou dans la zone euro – en espèrant qu’il ne songe pas à la Suisse, où l’euro est une devise étrangère ! Comme la vitesse de circulation de la monnaie varie selon les lieux et les moments, il serait plus pertinent de comparer le WIR au franc suisse. Et cette comparaison a été faite : selon Josep Lluis de la Rosa et James Stodder, la vitesse de circulation du WIR est de 2,6 et celle du franc suisse de 2,9 (en 2010). Avantage au CHF, donc.

Et l’euro, alors ? Sa vitesse de circulation en France était de 2,4 en 2012. Dire que le WIR « circule quatre à six fois plus vite que l’euro » est donc complètement faux.
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* Le site spécial SoNantes a moins gonflé ses chiffres que M. Bolo : il n’évoque que « un quart des PME suisses ». C’est faux aussi, mais moins largement.

03 février 2015

Bolopoly (14) : quand le Saint-Esprit entre dans un business plan

Sonao : ce nom d’allure vaguement portugaise est celui d’une société immatriculée au RCS de Nantes le 30 janvier. Elle a pour unique vocation de gérer la monnaie complémentaire nantaise SoNantes. Elle ne compte qu’un seul actionnaire : le Crédit municipal de Nantes. Si elle n’a qu’un actionnaire, pourquoi l’avoir créée, alors ? Parce que l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) l’a demandé. Avant de dire au bout de deux ans, début décembre dernier, que non, finalement, ça n’était pas la peine. Pas grave, on l’a créée quand même. Voilà une affaire qui part sous les meilleurs auspices…

Mais qui ne part pas vite pour autant : le principe d’une monnaie locale avait été inscrit dans l’Agenda 21 de Nantes Métropole en 2006 ! Ses promoteurs ‑ essentiellement Pascal Bolo, adjoint au maire, Jacques Stern, directeur du Crédit municipal, et Massimo Amato, historien italien ‑ ont convoqué beaucoup de monde autour de son berceau : représentants du monde économique, syndicats, associations, structures de formation, Ville de Nantes, Nantes Métropole, Crédit municipal, Chambre des métiers et de l’artisanat, Chambre de commerce et d’industrie et Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire. Ils ont sillonné l’Europe pour recueillir des avis auprès de promoteurs d’autres monnaies locales et obtenu le soutien d’Interreg IV, un programme de l’Union européenne. C’est-à-dire qu’avant le premier paiement, le SoNantes a déjà coûté bonbon. Combien ? Et qui a payé ?

(À vrai dire, cette dernière question est rhétorique : que le payeur soit le Crédit municipal ou la ville de Nantes, qui en est propriétaire, c’est toujours au bout du compte le contribuable nantais qui finance.)

Or ce n’est encore qu’un début. « Qui va financer tout cela ? » s’est interrogé Pascal Bolo lors du conseil municipal du 19 décembre dernier. « C’est le Crédit municipal, qui est lui aussi doté de fonds propres tout à fait confortables et qui va pouvoir investir 2 millions d’euros dans le lancement de cette opération. (…) Le plan d’affaire qui a été monté prévoit un équilibre en trois ans sur la base de 10 % des entreprises nantaises adhérant au système, (j’espère) beaucoup de citoyens, et la récupération de l’investissement de départ est prévue en cinq ans. »

Ce qui signifie, a priori, que l’exploitation de Sonao sera équilibrée au bout de trois ans et dégagera 2 millions d’euros de bénéfices en année 4 et 5. La société a déjà recruté un cadre dirigeant de haut niveau, elle est en train d’embaucher une équipe de commerciaux, elle va devoir fabriquer et distribuer des cartes de paiement et les terminaux correspondants. Le côté « dépenses » de son compte d’exploitation est donc fourni. Mais qu’y a-t-il du côté « recettes » ? Le système est censé ne rien coûter à personne. Bien obligé, d’ailleurs : s’il fallait le payer, les utilisateurs pressentis préféreraient se contenter de l’euro, comme tout le monde. Il n’est pas question non plus de compter sur une rémunération de trésorerie puisque le SoNantes ne pourra pas être stocké. Alors quoi ? Un miracle ?

« Sonao » est le titre d’un morceau du chanteur martiniquais Saint Prix. Notre Sonao à nous va devoir compter sur le Saint-Esprit.

30 janvier 2015

Arbre aux hérons ou Arbre aux pigeons ?

Depuis le début 2012, deux fois par an, Pierre Orefice relance une campagne en faveur de l’Arbre aux Hérons, comme si elle était à chaque fois nouvelle. C’est reparti. Une fois de plus, le patron des Machines a vanté les beautés du projet à Emmanuel Vautier et Stéphane Pajot (Presse Océan du 24 janvier 2015).

Bien que fâché avec les maths, il n’hésite pas à brandir des montants à sept chiffres.  « La bonne santé financière des Machines de l’île doit leur permettre de contribuer au financement de l’Arbre aux Hérons, via un emprunt, à hauteur de 8 millions d’euros », assure-t-il. Dit comme ça, ça fait gestionnaire sérieux et responsable. En réalité, on hésite sur le juste qualificatif. Douce illusion ? Prestidigitation comptable ? Foutage de gueule ?

Les Machines n’envisagent pas mieux que de « contribuer » au financement de l’équipement qu’elles voudraient construire pour elles-mêmes. Le contribuable paierait le reste ; il est habitué, il a déjà financé la Galerie, l’Éléphant et le Carrousel. Mais Les Machines dépendent de la société publique locale Le Voyage à Nantes, dont les actionnaires sont les collectivités locales. Et celles-ci seraient, très classiquement, invitées à garantir un éventuel emprunt. La prétendue contribution des Machines ne reviendrait donc qu’à endetter davantage le contribuable.

Et si Les Machines sont en « bonne santé financière », pourquoi leur faudrait-il emprunter ? Parce que leur « bonne santé » est celle d’un malade en soins palliatifs. Leur exploitation devait à l’origine « tendre vers l’équilibre » à partir de 2009. Mais Nantes Métropole a finalement dû cracher au bassinet pour les montants suivants :
  • 2009 : 434.000 euros
  • 2010 : 549.000 euros
  • 2011 : 1,1 million d’euros
  • 2012 : 1,2 million d’euros
  • 2013 : 1,2 million d’euros
La fréquentation a augmenté. Le prix du billet est passé de 6 à 8 euros (en attendant 8,50 dans quelques jours), soit bien plus que l’inflation. Les collectivités locales font bénéficier Les Machines de services gratuits considérables (à commencer par l’occupation d’un vaste terrain de grande valeur en centre-ville, qui leur permet au passage d’exploiter un bar très rentable). L’éducation nationale est venue à la rescousse avec de nombreuses sorties de classe. Rien n’y a fait : Les Machines ont coûté 4,5 millions d’euros en cinq ans aux contribuables de Nantes Métropole, soit quelque 2,40 euro de subvention par billet vendu !

Les Machines auront-elles enfin pu se passer de perfusion en 2014 ? Toutes choses égales d’ailleurs, il aurait fallu vendre 150.000 billets supplémentaires au tarif plein. Il ne s’en est vendu que 71.139, tous tarifs confondus. Sauf mesures d’économie drastiques par ailleurs, Les Machines sont restées un tonneau des Danaïdes pour le contribuable nantais.

Et c’est ce bon gestionnaire qui voudrait à présent que la collectivité rajoute au pot des dizaines de millions d’euros pour lui offrir un nouveau joujou, dont rien ne dit qu’il serait moins déficitaire ? Tout compte fait, on optera plutôt pour « foutage de gueule ».

26 janvier 2015

Bilan du Voyage à Nantes 2014 : (6) l’heure des comptes sonnera-t-elle enfin le 6 février 2015 ?

La délégation de service public (DSP) par laquelle Nantes Métropole a confié sa politique touristique au Voyage à Nantes venait à expiration le 31 décembre dernier. Pour faire les choses dans l’ordre et le calme, le conseil communautaire de Nantes Métropole avait pris soin de régler la question dès sa séance du 27 juin 2014. Par 81 voix pour et 16 abstentions – et zéro voix contre – il avait décidé qu'une nouvelle DSP serait accordée au Voyage à Nantes.

Seul le contenu de la convention de délégation était remis à une prochaine séance. Depuis lors, le conseil communautaire s’est réuni deux fois, le 17 octobre et le 15 décembre. Et il n’a pas examiné ce texte. Le 15 décembre, pourtant, la date butoir du 31 décembre approchait : on s’est contenté de renvoyer la question à plus tard. La convention censée prendre fin au 31 décembre a été prorogée jusqu'au 28 février.

Tout baignait, pourtant. Un rapport présenté par Fabrice Roussel au conseil du 27 juin avait dit tout le bien que Nantes Métropole pensait du Voyage à Nantes : ce dernier a attiré une foule de touristes à Nantes, « par conséquent, les retombées économiques directes pour le territoire sont également exponentielles (52,3 M€ à l’été 2013, soit +12,8 M€ par rapport à l’été 2011) ».

Hélas, dans l’intervalle, l’AURAN, une émanation de Nantes Métropole pourtant, a révélé le pot aux roses : le Voyage à Nantes a bidonné ses chiffres. Les retombées économiques réelles de 2013 n’ont pas dépassé une quarantaine de millions d’euros. Soit à peu près la même chose qu’en 2011 malgré les dépenses et les cocoricos !

Depuis lors, Jean Blaise, patron du Voyage à Nantes, fait profil bas. Mais on ne peut remettre la question indéfiniment : il faudra bien se prononcer lors du conseil communautaire du 6 février. Si l’opposition municipale montre la moindre pugnacité, la séance pourrait être cocasse.

En effet, une DSP suppose normalement une mise en concurrence – formalité que le Voyage à Nantes n’avait sans doute pas très envie d’affronter. Les articles L.1411-12 et L.1411-19 du code général des collectivités territoriales permettent heureusement d’y échapper. C’est ce que prévoyait le rapport adopté le 27 juin. Mais, on vient de le voir, le conseil communautaire s’est prononcé sur la foi de chiffres faux – ce que Fabrice Roussel s’est gardé de souligner en proposant de proroger la DSP jusqu’à fin février.

La question est même plus délicate que cela. La loi pose une condition : pour éviter la mise en concurrence, il faut que le service soit « confié à un établissement public ou à une société publique locale sur lesquels la personne publique exerce un contrôle comparable à celui qu'elle exerce sur ses propres services ». Or Nantes Métropole ne peut prétendre qu'elle contrôle Le Voyage à Nantes comme ses propres services puisqu'il a été capable de lui raconter des carabistouilles ! La légalité même d’une décision prise en vertu de l’article L.1411-12 serait donc incertaine.

Alors, Nantes Métropole tentera-t-elle ou non de faire passer le dossier en l’état ? Encore une dizaine de jours de suspense…
Retrouvez les précédents épisodes :

24 janvier 2015

Les Machines de l’île ont refait une partie de leur retard en 2014

À l’approche de Noël, Les Machines de l’île avaient organisé une belle séance de dédicace du dernier livre de Stéphane Pajot dans leur librairie. Presse Océan publie aujourd’hui un dossier aimable sur Les Machines de l’île signé Stéphane Pajot et Emmanuel Vautier. Pure coïncidence bien sûr : Nantes est une petite ville.

Les deux journalistes n’ont pas trop torturé Pierre Orefice. « Nous avons frôlé les 600 000 visiteurs », déclare-t-il, affichant 592 171 billets vendus au compteur. Comme d’habitude, le patron des Machines de l’île fait semblant de confondre « visiteurs » et nombre de billets vendus. On se souvient qu'il faut un billet pour chaque attraction des Machines de l’île et que certains visiteurs en visitent plus d’une. Les 592 171 billets vendus doivent représenter en réalité autour de 300 000 visiteurs individuels.

Avec 13,7 % de billets vendus en plus, Les Machines ont connu une vraie progression par rapport à 2013. Comme d’ailleurs la plupart des sites touristiques des environs. Le Puy du Fou, par exemple, a enregistré près de 10 % d’entrées supplémentaires ; avec 1 912 000 entrées, il domine toujours les Machines de la tête et des épaules.

Cependant, les 592 171 billets vendus n’ont rien d’extraordinaire dans l’absolu. Il aurait fallu en vendre environ 630 000 pour rester sur le rythme de 2012, année d’ouverture du Carrousel des mondes marins. Pierre Orefice avait lui même annoncé à plusieurs reprises son intention de vendre 600 000 billets dès 2013. Cet objectif n’a donc toujours pas été atteint en 2014, même si cette année est moins mauvaise que la précédente. Et la progression globale sur l’année a été bien inférieure à celle de l’été, soit 24 % selon le bilan officiel du Voyage à Nantes (si ce rythme avait été maintenu toute l’année, Les Machines auraient vendu 646 000 billets).

« Nous n’avions pas de nouveautés à présenter cette année », déclare Pierre Orefice pour mieux mettre en valeur le relatif succès des Machines. Il a la mémoire courte : « je pense que l’arrivée de la fourmi a boosté le visitorat », déclarait-il à Frédéric Brenon, de 20 Minutes, à la mi-décembre. Les années passent – sept ans et demi déjà –, Les Machines rament toujours. Mais ça ira peut-être mieux en 2015 avec une vraie nouveauté : le doublement de la surface du bar !

17 janvier 2015

Carré Feydeau : Proudreed manque d’R

En s’affichant sur les façades des boutiques vides du Carré Feydeau, Proudreed avait fait erreur sur sa propre adresse électronique, transformée en « www.proudeed.com ». Aujourd’hui, Presse Océan annonce que « Poudreed délègue la commercialisation du Carré Feydeau ». Quand ça veut pas, ça veut pas.

05 janvier 2015

Lobbying pour NDDL (14) : éloge du vieux

On disait que François Hollande cherchait à amadouer les écologistes en songeant à l’élection présidentielle de 2017. S’ils présentent un candidat, selon toute probabilité, c’est fichu pour lui. Mais s’ils acceptent de se rallier à lui dès le premier tour, qui sait ?…

On disait ça. Mais c’était avant. Avant ce matin. Sur France Inter, tout à l’heure, le président de la République a pris position en faveur du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : « Quand les recours seront épuisés, le projet sera lancé ».

Quant aux avantages de l’aéroport, François Hollande n’en a cité qu’un : « Ce projet est lancé depuis des années ». Depuis des décennies, même, aurait-il pu dire. Mais pourquoi un vieux projet serait-il nécessairement un bon projet ? Le président normal pilote-t-il les yeux braqués sur le rétroviseur ? Reste-t-il convaincu qu’il faut une piste d’atterrissage pour le Concorde dans l’Ouest ?