On avait raison de dire ici que les subventions publiques sont « mieux maîtrisées pour les uns que pour les autres ». Et l'on comprend de mieux en mieux pourquoi les collectivités locales ne tiennent pas à crier leurs subventions sur les toits. Yan Gauchard révèle aujourd’hui dans Presse Océan que la ville de Nantes, le conseil général de Loire-Atlantique et la région des Pays de la Loire se seraient fait repasser de quelque 80.000 euros de subventions en faveur d’un faux collège (ou lycée) à construire dans la ville ivoirienne de Béoué.
Et encore… en ne comptant que les subventions versées à partir de 2006, car il y en a eu auparavant ; la ville a ainsi versé 1.500 euros d'argent public en 2005 à l’Association humanitaire pour le développement de Béoué (AHDB), instrument de l’escroquerie soupçonnée, montée par un ex-agent de sécurité ivoirien et sa femme. Sans parler des autres victimes, comme La Joliverie.
On a tous reçu de ces lettres qui proposent de percevoir 1 million d’euros en aidant le fils d’un ancien banquier guinéen ou la fille d’un ancien ministre nigérien à rapatrier via la France un colossal héritage planqué en Suisse. Tous les documents sont disponibles : attestation du notaire, certificat de filiation, relevé de compte de la banque suisse, etc. Tout est faux. Seuls d’extrêmes jobards s’y font encore prendre.
En pointe dans l’affaire avec plus de 70.000 euros au compteur, la région aurait pris pour argent comptant, si l’on peut dire, de faux courriers du ministère de l’éducation nationale de Côte d’Ivoire. Et elle voudrait bien ne pas être seule à porter le chapeau : les subventions versées au titre de la coopération internationale, souligne-t-elle, sont validées par un comité d’experts. Chapeau les experts !
Nantes et déconnantes : Comment la capitale historique de la Bretagne est en train de gâcher ses meilleurs atouts. Un regard non conformiste - voire franchement satirique - sur Nantes au 21ème siècle. Reproduction autorisée sous réserve de citation de la source, avec lien actif vers l'URL, pour chaque article cité.
17 mai 2011
In Memorial
« Je vais le faire, je le fais, je l’ai fait : c’est trois informations pour le prix d’une. » Nantes applique avec art ce précepte de spin doctor. Elle parle tant du Mémorial à l’abolition de l’esclavage qu’on croirait en avoir déjà une douzaine. En guise de petite pierre à cet édifice communicationnel, voici une mise à jour du calendrier publié jadis dans ce blog :
1998 : Le conseil municipal de Nantes décide d'ériger un monument à l'abolition de l'esclavage.
2000 : Un comité de pilotage rédige un cahier des charges et présélectionne des artistes.
2003 : Le projet de Krzysztof Wodiczko est retenu par le conseil municipal.
2004 : Wodiczko vient à Nantes régler les détails du projet qui doit être achevé fin 2006.
2005 : Nantes Métropole adopte le programme de réalisation.
2006 : Lancement d'appels d'offres (BOAMP du 8 juillet).
2007 : Rien n'est encore fait, mais Nantes Métropole vote une augmentation du budget (conseil du 9 mars).
2008 : Rien n'est encore fait, mais Nantes Métrople demande une réduction du budget. Appel d'offres infructueux.
2009 : Lancement d’un nouvel appel d’offres.
2010 : Début du chantier en février, pose de la première pierre le 10 mai pour ouverture à l’été 2011.
2011 : Suite à un « retard technique » [sic], l’inauguration du monument aura lieu le 1er décembre. Peut-être.
1998 : Le conseil municipal de Nantes décide d'ériger un monument à l'abolition de l'esclavage.
2000 : Un comité de pilotage rédige un cahier des charges et présélectionne des artistes.
2003 : Le projet de Krzysztof Wodiczko est retenu par le conseil municipal.
2004 : Wodiczko vient à Nantes régler les détails du projet qui doit être achevé fin 2006.
2005 : Nantes Métropole adopte le programme de réalisation.
2006 : Lancement d'appels d'offres (BOAMP du 8 juillet).
2007 : Rien n'est encore fait, mais Nantes Métropole vote une augmentation du budget (conseil du 9 mars).
2008 : Rien n'est encore fait, mais Nantes Métrople demande une réduction du budget. Appel d'offres infructueux.
2009 : Lancement d’un nouvel appel d’offres.
2010 : Début du chantier en février, pose de la première pierre le 10 mai pour ouverture à l’été 2011.
2011 : Suite à un « retard technique » [sic], l’inauguration du monument aura lieu le 1er décembre. Peut-être.
Un chantier loin d'être achevé
16 mai 2011
Les avocats privés d'inauguration à Nantes
L’une des manifestations les plus prestigieuses accueillies par Nantes cette année sera, du 19 au 22 octobre, la Convention nationale des avocats. Plusieurs milliers d’avocats de toute la France y participeront. Le Président de la République devrait être présent à la cérémonie d’ouverture, entouré d’une demi-douzaine de ministres. Le maire de Nantes assure avoir beaucoup oeuvré pour attirer la convention.
« Venez nombreux à Nantes, vous ne serez pas déçus », écrit Thierry Wickers, Président du Conseil national des barreaux, s’adressant à ses confrères dans le dernier numéro (n° 37) d’Avocats & Droit. Pas déçus ? Un peu quand même, ça se pourrait.
« Jeudi 21 octobre sera inauguré à Nantes un mémorial à "l’abolition de l’esclavage" et nous tiendrons à cette occasion une table ronde sur les formes d’expression de l’esclavagisme moderne en partenariat avec la Mairie de Nantes, le Forum Mondial des droits de l’Homme et Yves Repiquet, Président de la CNCDH », précise Marie-Aimée Peyron, vice-présidente du Conseil national des barreaux, dans le même numéro d’Avocats & Droit.
Ce qui était vrai à propos du Mémorial, peut-être, à la mise sous presse de la revue nationale des barreaux ne l’est déjà plus. Certes, sur le site web de Nantes Métropole, on lit encore ceci :
Mais le numéro de mai-juin du journal de la communauté urbaine annonce une ouverture au public « à la fin de l’année » seulement. Octave Cestor, interviewé par Philippe Corbou dans Presse Océan du 6 mai, est même (un peu) plus précis : « le mémorial sera vraisemblablement inauguré le jeudi 1er décembre ». Nantes a vendu aux avocats une promesse qu’elle était incapable de tenir.
________
Actualisation au 21 mai : Ce blog se réjouit d'avoir contribué à la mise à jour du site de Nantes Métropole, sur lequel on lit désormais :
La mauvaise manière faite à la Convention nationale des avocats est maintenant officielle.
« Venez nombreux à Nantes, vous ne serez pas déçus », écrit Thierry Wickers, Président du Conseil national des barreaux, s’adressant à ses confrères dans le dernier numéro (n° 37) d’Avocats & Droit. Pas déçus ? Un peu quand même, ça se pourrait.
« Jeudi 21 octobre sera inauguré à Nantes un mémorial à "l’abolition de l’esclavage" et nous tiendrons à cette occasion une table ronde sur les formes d’expression de l’esclavagisme moderne en partenariat avec la Mairie de Nantes, le Forum Mondial des droits de l’Homme et Yves Repiquet, Président de la CNCDH », précise Marie-Aimée Peyron, vice-présidente du Conseil national des barreaux, dans le même numéro d’Avocats & Droit.
Ce qui était vrai à propos du Mémorial, peut-être, à la mise sous presse de la revue nationale des barreaux ne l’est déjà plus. Certes, sur le site web de Nantes Métropole, on lit encore ceci :
Mais le numéro de mai-juin du journal de la communauté urbaine annonce une ouverture au public « à la fin de l’année » seulement. Octave Cestor, interviewé par Philippe Corbou dans Presse Océan du 6 mai, est même (un peu) plus précis : « le mémorial sera vraisemblablement inauguré le jeudi 1er décembre ». Nantes a vendu aux avocats une promesse qu’elle était incapable de tenir.
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Actualisation au 21 mai : Ce blog se réjouit d'avoir contribué à la mise à jour du site de Nantes Métropole, sur lequel on lit désormais :
La mauvaise manière faite à la Convention nationale des avocats est maintenant officielle.
14 mai 2011
Fallait qu’ça pète
Un feu d’artifice en plein jour et en plein soleil : il n’y a qu’à Nantes qu’on voit ça (qu’on entend ça, du moins, car pour ce qui est de voir…).
C’était cet après-midi, face aux chantiers navals, pour le baptême du Saint-Michel II. Une belle fête fluviale qui n’avait pas vraiment besoin de cet épisode fumeux pour être un succès. Sans doute, quelqu'un dans les hautes sphères a dû penser qu'il était absolument indispensable de faire parler la poudre. Résultat : un beau gaspillage d'argent et de compétences, plus un peu de pollution. Non loin de là, devant les Nefs, un village écolo vantait les mérites de la frugalité...
13 mai 2011
Fresques et frasques nantaises
L’acte inaugural du prochain spectacle de Royal de Luxe à Nantes sera le dévoilement d’un mur de dix mètres de long où seront peints les portraits de 300 personnages locaux. Bonne idée. Depuis le « Mur des célébrités » de Paris (1988), hélas disparu, et le « Mur des Lyonnais » (1995), plusieurs villes françaises comme Levallois-Perret ou Valence se sont dotées de fresques murales à la gloire de leurs grands hommes. Cela manquait à Nantes.
Nous avions bien la grande toile d’Alain Thomas, transférée de la place Aimé-Delrue à la rue Fanny-Peccot, mais nul ne confondrait le toucan à bec caréné avec un maire de Nantes d'hier ou d'aujourd'hui.
Qui seront les 300 personnages de Royal de Luxe ? Interrogé par Presse Océan (10 mai 2011), Jean-Luc Courcoult en a cité deux : Willy Wolf et Jacques Vaché. Le premier était un acrobate polonais précurseur du théâtre de rue ; en 1925, il s’est bêtement tué devant un vaste public en se jetant dans la Loire du haut du pont Transbordeur. Le second, écrivain qui n’a pas eu le temps d'écrire grand chose, proche ami d'André Breton, est mort en 1919, à 23 ans, d’une overdose collective d’opium, allongé nu sur un lit de l’Hôtel de France. Ça promet pour les 298 autres.
Nous avions bien la grande toile d’Alain Thomas, transférée de la place Aimé-Delrue à la rue Fanny-Peccot, mais nul ne confondrait le toucan à bec caréné avec un maire de Nantes d'hier ou d'aujourd'hui.
Qui seront les 300 personnages de Royal de Luxe ? Interrogé par Presse Océan (10 mai 2011), Jean-Luc Courcoult en a cité deux : Willy Wolf et Jacques Vaché. Le premier était un acrobate polonais précurseur du théâtre de rue ; en 1925, il s’est bêtement tué devant un vaste public en se jetant dans la Loire du haut du pont Transbordeur. Le second, écrivain qui n’a pas eu le temps d'écrire grand chose, proche ami d'André Breton, est mort en 1919, à 23 ans, d’une overdose collective d’opium, allongé nu sur un lit de l’Hôtel de France. Ça promet pour les 298 autres.
11 mai 2011
Royal de Luxe : vers un bidonnage record
On va donc revoir la petite géante de Royal de Luxe à Nantes, fin mai, pour une réédition du spectacle montré à Guadalajara en novembre. Il paraît que la manifestation coûtera 800.000 euros aux Nantais. En plus des 150.000 euros d’« aide à la création » versés en 2010 pour le projet mexicain.
C’est deux fois plus d’argent qu’il n’en aurait fallu pour que le carnaval de Nantes ait lieu. La municipalité de Jean-Marc Ayrault a les yeux de Chimène pour Jean-Luc Courcoult, pas pour Annick Le Ridant.
Ce n’est pas si cher, jure Jean-Louis Jossic, cela ne représente que 2 euros par personne puisqu’il y aura 400.000 spectateurs. C’est bien d’avoir de l’ambition. De toutes façons, les chiffres de spectateurs peuvent être gonflés à l’envi, nul ne pourra prouver qu’ils sont faux : seules les dépenses sont certaines.
L’adjoint à la culture pousse quand même le bouchon bien loin : Jean Blaise n’avait revendiqué que 150.000 spectateurs pour le spectacle de Royal de Luxe annexé à Estuaire 2009. Et cela paraissait déjà beaucoup. Mais, comme dit Jean-Luc Courcoult (Presse Océan du 10 mai 2011), « raconter des histoires, c’est fondamental ».
C’est deux fois plus d’argent qu’il n’en aurait fallu pour que le carnaval de Nantes ait lieu. La municipalité de Jean-Marc Ayrault a les yeux de Chimène pour Jean-Luc Courcoult, pas pour Annick Le Ridant.
Ce n’est pas si cher, jure Jean-Louis Jossic, cela ne représente que 2 euros par personne puisqu’il y aura 400.000 spectateurs. C’est bien d’avoir de l’ambition. De toutes façons, les chiffres de spectateurs peuvent être gonflés à l’envi, nul ne pourra prouver qu’ils sont faux : seules les dépenses sont certaines.
L’adjoint à la culture pousse quand même le bouchon bien loin : Jean Blaise n’avait revendiqué que 150.000 spectateurs pour le spectacle de Royal de Luxe annexé à Estuaire 2009. Et cela paraissait déjà beaucoup. Mais, comme dit Jean-Luc Courcoult (Presse Océan du 10 mai 2011), « raconter des histoires, c’est fondamental ».
07 mai 2011
Les Labex, un désastre fait maison
Au vu des résultats de l’appels d’offres « Laboratoires d’excellence » (Labex), on s’en souvient, la région des Pays de la Loire avait cherché à présenter comme un succès les miettes obtenues par ses universités.
Ouest France et Presse Océan s’étaient gardés d’épiloguer. Filiale du Télégramme, Le Journal des entreprises n’a pas ces pudeurs. Ces résultats sont « désastreux pour les Pays de la Loire », écrit-il en une de son numéro de mai.
« Une terrible gifle… un véritable désaveu pour l’Ouest et pour la Loire-Atlantique en particulier… », insiste en page 3 Stéphane Vandangeon, qui a aussi interrogé Jean-Yves Delaune. L’avis de celui-ci est sans appel : « C’était perdu d’avance… Personne n’ose regarder en face quelle est la vraie problématique de l’Ouest ». Et c’est un expert, ancien patron d’Atlanpole, qui s’exprime.
La catastrophe des Labex, des Idex et des IHU n’est pas le résultat d’une discrimination à l'égard de Nantes. C’est ici qu’est le problème.
Ouest France et Presse Océan s’étaient gardés d’épiloguer. Filiale du Télégramme, Le Journal des entreprises n’a pas ces pudeurs. Ces résultats sont « désastreux pour les Pays de la Loire », écrit-il en une de son numéro de mai.
« Une terrible gifle… un véritable désaveu pour l’Ouest et pour la Loire-Atlantique en particulier… », insiste en page 3 Stéphane Vandangeon, qui a aussi interrogé Jean-Yves Delaune. L’avis de celui-ci est sans appel : « C’était perdu d’avance… Personne n’ose regarder en face quelle est la vraie problématique de l’Ouest ». Et c’est un expert, ancien patron d’Atlanpole, qui s’exprime.
La catastrophe des Labex, des Idex et des IHU n’est pas le résultat d’une discrimination à l'égard de Nantes. C’est ici qu’est le problème.
06 mai 2011
Grosvalet ligérien, Louvrier breton ?
Ce qu’un maréchal avait fait, on espérait qu’un Mareschal le déferait. On avait tort. Quand Patrick Mareschal a été élu président du conseil général d'une Loire-Atlantique nouvellement passée à gauche, les partisans de la réunification administrative de la Bretagne ont cru le grand jour arrivé. En fait, Mareschal n’était pas l’homme idoine.
Mareschal n’a pas toujours été socialiste : il vient du radicalisme. On disait autrefois des radicaux qu’il y avait du radis en eux : ils étaient roses à l’extérieur, blancs à l’intérieur. À l’intérieur, Mareschal était gwenn-ha-du. Ses années de travail militant lui avaient valu le respect des milieux fidèles à la bretonnité nantaise.
Et c’est sans doute ce qui faisait son prix pour le PS. Car, après la disparition d’Olivier Guichard, une éventuelle conversion de la droite à l’idée bretonne était assurément un danger pour la majorité locale*. En plaçant Mareschal à la tête du département, le PS faisait coup double : il incitait la droite à se raidir contre l’idée bretonne et amadouait l’opinion rattachiste. Mais il ne courait pas de risque. Mareschal est un homme pondéré et intelligent. On lui avait confié à 65 ans un poste à sa hauteur : il n’allait pas tenter de le rehausser en contestant sérieusement l’ordre établi au risque de gâter le confort de sa fin de carrière.
Philippe Grosvalet, nouveau président du conseil général, n’a pas suivi le même parcours. Lui est un sabra du socialisme. Avant de devenir professionnel de la politique, il était permanent d’une association solidement tenue par la gauche. Il ne cache pas son peu d’intérêt pour la question bretonne.
La droite a tout de suite détecté l’opportunité. Franck Louvrier, conseiller à l’Élysée, a même fait assez fort. Dans une longue interview au mensuel Bretons, il déclare carrément : « Moi, à terme, je suis favorable au rattachement de Nantes à la Bretagne. » La droite a tout à gagner à un coup de barre à l’Ouest : d’après un sondage de 2009, ses électeurs y sont beaucoup plus sensibles que ceux de gauche.
Reste à voir si, du coup, l’enthousiasme des socialistes de la région Bretagne ne faiblira pas.
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Mareschal n’a pas toujours été socialiste : il vient du radicalisme. On disait autrefois des radicaux qu’il y avait du radis en eux : ils étaient roses à l’extérieur, blancs à l’intérieur. À l’intérieur, Mareschal était gwenn-ha-du. Ses années de travail militant lui avaient valu le respect des milieux fidèles à la bretonnité nantaise.
Et c’est sans doute ce qui faisait son prix pour le PS. Car, après la disparition d’Olivier Guichard, une éventuelle conversion de la droite à l’idée bretonne était assurément un danger pour la majorité locale*. En plaçant Mareschal à la tête du département, le PS faisait coup double : il incitait la droite à se raidir contre l’idée bretonne et amadouait l’opinion rattachiste. Mais il ne courait pas de risque. Mareschal est un homme pondéré et intelligent. On lui avait confié à 65 ans un poste à sa hauteur : il n’allait pas tenter de le rehausser en contestant sérieusement l’ordre établi au risque de gâter le confort de sa fin de carrière.Philippe Grosvalet, nouveau président du conseil général, n’a pas suivi le même parcours. Lui est un sabra du socialisme. Avant de devenir professionnel de la politique, il était permanent d’une association solidement tenue par la gauche. Il ne cache pas son peu d’intérêt pour la question bretonne.
La droite a tout de suite détecté l’opportunité. Franck Louvrier, conseiller à l’Élysée, a même fait assez fort. Dans une longue interview au mensuel Bretons, il déclare carrément : « Moi, à terme, je suis favorable au rattachement de Nantes à la Bretagne. » La droite a tout à gagner à un coup de barre à l’Ouest : d’après un sondage de 2009, ses électeurs y sont beaucoup plus sensibles que ceux de gauche.
Reste à voir si, du coup, l’enthousiasme des socialistes de la région Bretagne ne faiblira pas.
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* La conversion de la droite à l’écologie était un risque moins immédiat, mais non nul : le respect de la nature serait facilement un thème conservateur. En faisant une place à François de Rugy, le PS s’est bordé de ce côté-là aussi. Il n’avait sans doute pas prévu à l’époque que les Verts deviendraient à leur tour une force politique menaçante.
04 mai 2011
Un bref voyage à Nantes pour Marie-Hélène Joly
Nantaise venue d’ailleurs et vite repartie, Marie-Hélène Joly quitte la direction du Château des ducs de Bretagne après tout juste deux ans de fonction.
Marie-Hélène Joly est un calibre. Avant d’arriver à Nantes, elle avait été chef de l’inspection générale des musées au ministère de la culture. La direction du château n’était pas un caprice : « C'est l'aboutissement d'un rêve professionnel ! » déclarait-elle à l’époque à Nantes Métropole. Le rêve passe…

L'ex-directrice s'inscrivait pourtant dans la durée. Sur le site de Nantes Métropole, on peut encore lire aujourd'hui qu’elle bouillonnait d’idées et voulait faire « évoluer le musée tout doucement, par petites touches ».
On espère savoir bientôt ce qui a poussé le capitaine à quitter le navire au début de la saison touristique. Un an après le départ de Jean-Marc Devanne et Jean-Baptiste Desbois, on constate en tout cas que la création du Voyage à Nantes ne se fait pas sans casse.
Marie-Hélène Joly est un calibre. Avant d’arriver à Nantes, elle avait été chef de l’inspection générale des musées au ministère de la culture. La direction du château n’était pas un caprice : « C'est l'aboutissement d'un rêve professionnel ! » déclarait-elle à l’époque à Nantes Métropole. Le rêve passe…
L'ex-directrice s'inscrivait pourtant dans la durée. Sur le site de Nantes Métropole, on peut encore lire aujourd'hui qu’elle bouillonnait d’idées et voulait faire « évoluer le musée tout doucement, par petites touches ».
On espère savoir bientôt ce qui a poussé le capitaine à quitter le navire au début de la saison touristique. Un an après le départ de Jean-Marc Devanne et Jean-Baptiste Desbois, on constate en tout cas que la création du Voyage à Nantes ne se fait pas sans casse.
02 mai 2011
Le Voyage à Nantes vend à ses clients le soleil de minuit
Le Voyage à Nantes se lance pour de bon dans le bain touristique en diffusant à l’intention des professionnels, sous l’étiquette VAN PRO, un catalogue de ses prestations 2011-2012. On ignore qui a rédigé cette plaquette de vingt-quatre pages, où la tour Bretagne semble rangée parmi les « plus beaux exemples d’urbanisme des XVIIIe et XIXe siècles » tandis que La Cigale se trouve en haut de la rue Crébillon.
On y apprend aussi que la station Prouvé « se transforme, à la nuit tombée, en une lanterne magique, invitation à un voyage immobile à la découverte du parcours des oeuvres à ciel ouvert d’Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire ». Préconiser un voyage nocturne et immobile pour découvrir un parcours à ciel ouvert, n’est-ce pas annoncer qu’il n’y a pas grand chose à voir ?
Il faut d’ailleurs quelque témérité pour s’aventurer de nuit dans le no man’s land qui entoure la station. Mais au touriste sans peur, VAN PRO signale un autre attrait majeur, non loin de là : « si la nuit est tombée, l’œuvre De temps en temps de François Morellet s’étend sur 8 000 m2 de façade : des néons rouges (soleil), blancs (nuages) ou bleus (pluie) vous indiqueront avec certitude le temps qu’il fera dans quatre heures ». Avec certitude ? À la nuit tombée, promettre le soleil pour dans quatre heures, c’est beaucoup s’engager, même dans une ville qui se voudrait surréaliste.
On y apprend aussi que la station Prouvé « se transforme, à la nuit tombée, en une lanterne magique, invitation à un voyage immobile à la découverte du parcours des oeuvres à ciel ouvert d’Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire ». Préconiser un voyage nocturne et immobile pour découvrir un parcours à ciel ouvert, n’est-ce pas annoncer qu’il n’y a pas grand chose à voir ?
Il faut d’ailleurs quelque témérité pour s’aventurer de nuit dans le no man’s land qui entoure la station. Mais au touriste sans peur, VAN PRO signale un autre attrait majeur, non loin de là : « si la nuit est tombée, l’œuvre De temps en temps de François Morellet s’étend sur 8 000 m2 de façade : des néons rouges (soleil), blancs (nuages) ou bleus (pluie) vous indiqueront avec certitude le temps qu’il fera dans quatre heures ». Avec certitude ? À la nuit tombée, promettre le soleil pour dans quatre heures, c’est beaucoup s’engager, même dans une ville qui se voudrait surréaliste.
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