27 octobre 2014

Everybody, ça n'est pas tellement de monde

Un lecteur anonyme, peut-être le même qu’après le premier article sur Everybody, n’aime pas ce qui a été dit ici des statistiques du clip. « Dans le cadre d'une promotion touristique ce n'est jamais un site web qui génère du trafic vers un contenu, mais le partage de ce contenu lui-même par des fans et des abonnés », affirme-t-il. Et d’assurer que « la dernière vidéo Vimeo du VAN a fait le tour du web nantais et du web voyage » !

À cette heure, d’après Vimeo, ladite vidéo a été vue exactement 21.415 fois, ce qui réduirait le web nantais et le web voyage à des dimensions lilliputiennes ! Vimeo affiche 2.239 lectures d’Everybody le 26 septembre. Ensuite, le trafic a très vite baissé, jusqu’à 253 lectures le 5 octobre. Une seconde parution sur Facebook* et des articles dans la presse locale ont relancé la machine au-delà des 1.000 vues par jour du 7 au 10 octobre, avant une rechute rapide. Sur la dernière semaine, Vimeo enregistre moins de 100 vues par jour en moyenne. Everybody n’a donc rien d’une vidéo « virale », qui décolle dans les quelques jours suivant sa mise en ligne au lieu de baisser tout de suite.

Le film a obtenu 19 « likes » sur Vimeo, soit moins de 1 pour 1.000 vues, proportion dérisoire qui laisse supposer soit que les mêmes personnes ont vu la vidéo plusieurs fois, soit qu’elle n’a pas plu.

 D’où viennent les visiteurs ? Selon Vimeo, la principale source serait Facebook avec 4.438 lectures – le premier cercle « des fans et des abonnés », donc. Mais Everybody n’y a recueilli à ce jour que 475 « j’aime », et l’on sait que le symbole « j’aime » est souvent utilisé sur Facebook comme une sorte d’accusé de réception plutôt qu’une marque d’approbation. En tout état de cause, 475 « j’aime » pour 4.438 lectures ne dénotent pas un grand enthousiasme.

À quel point les statistiques de Vimeo sont-elles fiables ? Les avis sont partagés, mais on note quand même quelques étrangetés. Ainsi, 3.220 lectures d’Everybody sont d’origine inconnue. Et presque 6.000 lectures proviendraient de 20minutes.fr ou m.20minutes.fr contre 84 seulement de presseocean.fr ! Vous avez dit bizarre ? (À propos, notre lecteur anonyme va devoir réviser ses conceptions. « Ce n'est jamais un site web qui génère du trafic vers un contenu », écrivait-il. Mais voilà que plus d’un quart du trafic proviendrait de 20minutes.fr…)

Quant à YouTube, leader du partage vidéo, huit fois plus fréquenté que Vimeo, Le Voyage à Nantes y possède sa propre chaîne mais n’y a pas chargé Everybody à ce jour. Ce qui lui évite peut-être d’afficher des scores aussi médiocres que ceux des films précédents.
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* Ici, il faut confesser une erreur : les deux précédents articles avaient sous-estimé l’impact de Facebook. La raison en est simple : Le Voyage à Nantes y a annoncé le lancement de la vidéo non pas une fois mais deux, le 26 septembre et le 6 octobre ! Peut-être cherchait-il à relancer des consultations décevantes. On n’avait retenu ici que les « j’aime » et les partages postérieurs au 6 octobre.

23 octobre 2014

« Je ne crois aux statistiques que si je les ai truquées moi-même » -- Winston Churchill

Un lecteur anonyme commente ainsi le précédent article, consacré aux scores des vidéos du Voyage à Nantes sur les réseaux sociaux :
Pour être totalement honnête, il aurait fallu prendre en compte les chiffres de vimeo, plateforme vidéo vers laquelle renvoie le VAN.
Les chiffres sont bien différents :
. Everybody : 21 100 lectures en 3 semaines
. Le Voyage à Nantes : 104 000 lectures
. Estuaire : 42 600 lectures

Cette remarque est légitime. Elle soulève aussi un problème intéressant. YouTube, dont on avait retenu les statistiques ici, compte huit fois plus de visiteurs que Vimeo (environ 800 millions de visiteurs par mois contre 100 millions). Est-il plausible que les mêmes vidéos soient vues huit fois plus sur Vimeo que sur YouTube ?

Certes, comme le souligne notre lecteur anonyme, le site web du Voyage à Nantes renvoie vers Vimeo. Mais levoyageanantes.fr est un site relativement confidentiel : Alexa le classe au-delà du 84.000 rang en France. Il est impossible qu’il ait renvoyé vers Everybody 21.100 visiteurs uniques en trois semaines.

Se pourrait-il alors que ces visiteurs soient passés plutôt par la page du Voyage à Nantes sur Facebook ? Comme on l’a signalé hier, Everybody n’y a récolté en trois semaines que 91 « j’aime ». Les visiteurs arrivés sur Vimeo par cette voie ne peuvent donc pas être très nombreux – ou alors, ils ont détesté le clip.

La question de départ posée à propos du clip Everybody était, rappelons-le : « Fera-t-il le buzz sur les réseaux sociaux comme ses prédécesseurs ? » Pour y répondre, il était logique de se référer au leader des sites de partage vidéo, YouTube. Le Voyage à Nantes y a d’ailleurs sa propre chaîne. Et les statistiques de Vimeo, alors ? Eh ! bien, il y a là un mystère sur lequel chacun peut avoir sa petite idée.

Comme conclut notre lecteur anonyme :

"Les chiffres parlent d'eux-même", dit-on. Attention tout de même à qui les fait parler et d'où les fait-on parler... 

 On ne saurait mieux dire !

22 octobre 2014

Le Voyage à Nantes manque un peu de buzz

Le Voyage à Nantes a présenté le 6 octobre un nouveau film de promotion réalisé comme les précédents par Gaëtan Chataigner, qui semble détenir un quasi-monopole sur ce type de production. Le clip, essentiellement un patchwork d’extraits de ses prédécesseurs, s’intitule Everybody : on sait causer l’anglais au Voyage à Nantes.

« Fera-t-il le buzz sur les réseaux sociaux comme ses prédécesseurs ? » se demandait Frédéric Brenon, de 20 Minutes. Bonne question. Sur Facebook, au 22 octobre, Everybody a recueilli 91 « j’aime », 39 partages et zéro commentaire*.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, 91 j’aime en seize jours, ce n’est pas si mal. La moitié des posts du Voyage à Nantes sur Facebook n’en obtiennent pas autant. Chez le roi des réseaux sociaux, le VAN paraît pâlichon.

Côté vidéos, Nantes Tourisme possède sa chaîne sur YouTube. Au 22 octobre, ses films affichent les scores suivants :
  • Estuaire Nantes Saint-Nazaire, 1 an, 3.792 vues
  • Estuaire, 1 an, 7.970 vues
  • Jackie et Julie, 2 ans, 2.464 vues
  • Le Voyage à Nantes – Teaser, 2 ans, 666 vues
  • Atelier Van Lieshout – L’Absence, 2 ans, 129 vues
  • Le Voyage à Nantes, film de Gaëtan Chataigner, 3 ans, 16.098 vues
  • Nantes Ville Verte, 5 ans, 15.703 vues
Pas terrible… En deux jours, toujours sur YouTube, le résumé du dernier match de football Nantes-Reims a été vu 10.931 fois. Un reportage sur la manifestation anti-aéroport du 22 février a été vu 317.658 fois en huit mois pile. Une vidéo de promotion du tourisme à Nantes mise en ligne voici juste trois ans, le 24 octobre 2011, a bien été vue 38.003 fois mais, offense suprême, on la doit à Tourisme-SNCF et non au Voyage à Nantes. Et sa fiche annonce d’emblée : « Ancienne capitale du Duché de Bretagne, Nantes dispose d'un patrimoine historique très riche ». Pile-poil ce que Le Voyage à Nantes déteste lire (combien de fois a-t-on entendu Jean Blaise affirmer que Nantes n’a pas grand chose à montrer en dehors des installations de ses protégés ?).
Alors, Everybody fera-t-il le buzz sur les réseaux sociaux comme ses prédécesseurs ? Franchement, vu le score peu glorieux desdits prédécesseurs, on espère qu’il fera mieux.
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* Erratum au 27 octobre : ces chiffres ne concernent que l'annonce de la vidéo faite par Le Voyage à Nantes sur Facebook le 6 octobre. Mais en réalité, cette annonce était la seconde ! Et la première avait été mieux accueillie. Voir le post du 27 octobre.

16 octobre 2014

Tout voyage au bout de la nuit doit bien commencer par un premier pas


Les finances publiques sont mal en point, les collectivités locales sont invitées à faire des économies. C’est le moment que choisit la ville de Nantes pour commander à un conseil extérieur une « Mission d’animation d’un diagnostic partagé sur les nuits nantaises » qui pourrait coûter jusqu’à 40.000 euros.

Avec un manque de clarté approprié au sujet, elle explique qu’elle « souhaite mobiliser un prestataire pour permettre le croisement des regards sur les nuits nantaises afin de constituer une grille de lecture partagée et la mettre en débat avec les acteurs ». On imagine le futur animateur du diagnostic partagé à la manière d’un Jacquouille découvrant l’électricité dans Les Visiteurs : « Jour ! Heuuu ! Nuit ! Heuuu ! » L’une de ses missions sera « d’interroger des points de vue absents », ce qui risque d’être très éclairant. Il devra aussi établir une représentation graphique facilitant « une lecture dynamique des nuits à Nantes », comme si la rubrique faits divers de la PQR n'en donnait pas chaque jour une lecture déjà trop dynamique…

« La vie nocturne n’est pas une question nouvelle pour la Ville » admet cependant le cahier des charges. Pas nouvelle en effet puisqu’elle date du premier jour de la Genèse : « Dieu nomma la lumière jour et nomma les ténèbres nuit ». Mais il faut croire qu’en un quart de siècle, l’équipe de Jean-Marc Ayrault n’avait pas pris la juste mesure de l’obscurité nantaise. Le programme électoral de Johanna Rolland a prévu la création d’un Conseil de la nuit. Pas de conseil sans commissions. La commission « Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d'amouuuuur » ne manquera pas de candidats, mais on en cherche aussi pour les commissions « Nuit sans lune », « Nuit des morts vivants », etc. Les démons de minuit vont devoir numéroter leurs abattis.

10 octobre 2014

Lobbying pour NDDL (12) : le début de la fin

Quand Le Canard Enchaîné sort une information fracassante, c’est souvent que quelqu’un dans les hautes sphères la lui a communiquée. Que cherchait donc celui qui lui a remis la demande de permis de construire déposée par Vinci pour Notre-Dame-des-Landes ? Sûrement pas à relancer le projet ! L’article paru ce mercredi est un grand pas de plus vers son enterrement. En révélant que l’aéroport en projet serait plus petit que l’aéroport existant, il ne donne pas seulement des armes aux adversaires du projet : il ridiculise ses partisans qui affirmaient que Nantes Atlantique était trop petit.

La réponse de Vinci publiée ce matin dans Presse Océan n’arrange rien. Le bâtisseur allègue une nouvelle génération d’aéroport avec « deux modèles d’infrastructure totalement différents ». Mais comme les avions et les passagers auront toujours besoin de pistes, de parkings, de halls, de comptoirs, de passerelles, etc., si l’on en met moins à NDDL, c’est qu’il y a de la marge à Nantes Atlantique. Incontournable !

« C’est un projet évolutif », assure Vinci, qui insiste : « on sait déjà que la fréquentation ne sera pas la même entre aujourd’hui et sa mise en service ». Qu’est-ce à dire ? Qu’on a prévu d'annoncer, à un moment quelconque entre aujourd’hui et la mise en service, que l’aéroport prévu est déjà trop petit et doit être agrandi ? Cela rappelle ce que l’association Contribuables associés écrivait il y a deux ans : « le projet ne prévoit, bizarrement, aucun dépassement de budget… Or, dans ce genre de gros projets d’infrastructure, le prix initial est quasiment toujours sous-estimé, et les dépassements de budget (à la charge des contribuables bien sûr) atteignent facilement 30 à 35 % ». Un tel dépassement est en filigrane dans ce que dit Vinci.

On se rappelle l’ultime argument des partisans de l’aéroport : s’il ne se faisait pas, il faudrait dédommager Vinci. Sans nul doute, il y aura un bras de fer sur ce sujet. La révélation du Canard Enchaîné fragilise clairement la position de Vinci. De là à imaginer qu’elle n’est peut-être pas innocente…

Retrouvez les épisodes précédents de « Lobbying pour NDDL » :

23 septembre 2014

Carré Feydeau : comment arrondir les angles ?

Proudreed est bien intégré à la culture municipale nantaise : faute de réaliser, on communique. Le propriétaire des surfaces commerciales du Carré Feydeau n’a pas réussi à louer ses locaux avant la fin de l’été comme promis. Alors, il a retouché ses affiches : plus question d’une « ouverture été 2014 », les commerces ouvriront seulement « bientôt », voire plus tard, sinon à la saint Glinglin, façon réouverture du musée des Beaux-arts ou décisions de Jean-Marc Ayrault.

On ne voudrait pas être à la place des commerciaux chargés de louer les emplacements. Le Carré Feydeau n’est pas organisé en galerie commerciale : les magasins sont situés sur son pourtour. Pour faire du lèche-vitrines, il faudra tourner autour de ce parallélépipède planté au milieu d’un espace trop dégagé. On n’aura jamais le sentiment de foule dont le marketing enseigne qu’il fait partie de l’expérience vécue par l’acheteur. Pas question de crébillonner.

Or les boutiques disponibles dans le centre de Nantes ne manquent pas, et les nouveaux passages en travaux (Pommeraye) et en projet (Châtelaine) viendront bientôt accroître la concurrence. En commentaire au précédent billet, Leblanchet appelait judicieusement à l’installation au Carré Feydeau d’un Tailleur pour dames et d’un Hôtel du libre-échange. Hélas, le sort de l’immeuble évoque plutôt Chat en poche, Un fil à la patte ou La main passe
Avant
Après

09 septembre 2014

Carré Feydeau : la quadrature du cercle vicieux

Il reste deux semaines au Carré Feydeau pour tenir la promesse toujours affichée sur ses murs : quinze nouveaux commerces ouverts à l’été 2014. Le 23 septembre, l’été 2014 sera fini. Or ces ouvertures ne se présentent pas bien. Le propriétaire des murs vante encore une offre commerciale « nécessairement complémentaire » à celle du centre-ville. Mais le centre-ville souffre déjà. Y ajouter d’un coup 13.000 m² d’offre « complémentaire », dont 5.700 m² en sous-sol, relève plus du hasard que de la nécessité.

Oh ! tout était merveilleusement pensé. Un « pôle efficacité », alias une grande surface alimentaire, doit rameuter les foules, épaulée par un « pôle original » axé sur le services, les loisirs, la détente, le bien-être, une « offre généraliste de complément » comprenant des « enseignes singulières non présentes en centre-ville » et un « pôle de restauration différenciant par rapport à l’offre du centre ville ».

Il faut croire qu’on manque d’original, de singulier et de différenciant (c’est « original », les salons de beauté ? c’est « différenciant » les kebabs ?). Carrefour Market est si pressé de venir que Proudreed, propriétaire des murs, l’a traîné devant les tribunaux. Les marques de luxe lorgnent plutôt les 3.500 m² de la nouvelle galerie du passage Pommeraye. Saturn, racheté par Boulanger, s’est défaussé. Apple a préféré Atlantis. Même Burger King semble avoir renoncé. Personne ne veut venir parce qu’il n’y a personne. Fruit d’une « collaboration exemplaire entre Vinci Immobilier et la Ville de Nantes », le Carré Feydeau illustre surtout le flou stratégique de la municipalité nantaise du temps de Jean-Marc Ayrault.

En réalité, la réussite la plus flagrante des nombreux mandats de Jean-Marc Ayrault est la zone commerciale d’Atlantis, qu’il a inaugurée en 1987 en tant que maire de Saint-Herblain. Bon, l’idée n’était même pas de lui mais de son prédécesseur, Michel Chauty. Cependant, il aura fait de son mieux pour assurer son développement avec le prolongement de la ligne 1 du tramway en 2000 et un plan de circulation qui cadenasse le centre ville. Jean-Marc Ayrault est parti, son héritage demeure.

07 septembre 2014

Ange de Loire


Sur les grilles de la passerelle des Victimes de la Terreur de Nantes*, le nombre des cadenas d’amour croît doucement. On en compte à présent une dizaine. Et un nouveau type d’ex voto vient de faire son apparition. Moins gai, celui-là.
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* Cette passerelle métallique qui passe sous le pont Anne de Bretagne n’a pas de nom à ma connaissance. « Passerelle des Victimes de la Terreur de Nantes » conviendrait parfaitement. Les « baignades républicaines » et autres « déportations verticales », c'est-à-dire les noyades de prisonniers ordonnées par Carrier en 1794, ont été pratiquées à ce niveau.

 

05 septembre 2014

Le Voyage à Nantes 2014 (6) : sublime, forcément sublime

Pour la presse régionale, le mois de septembre ramène toujours ses « marronniers ». La rentrée des classes. Les travaux en ville. Les nouveaux horaires de la TAN. Et le glorieux bilan du VAN. En 2014, ça ne change pas : Cocorico ! « Même si deux millions de visites, cela ne veut rien dire », selon ses propos rapportés par Philippe Corbou dans Presse Océan ce 5 septembre, Jean Blaise le dit quand même…

Reste à savoir ce qu’on compte. « Le seul chiffre important est que l’on augmente les visites de 500.000 unités », dit encore Jean Blaise. Comme on compte plusieurs fois les mêmes visiteurs, au château, place du Bouffay, au jardin des plantes, etc., toute variation des « unités » peut dénoter en fait une variation du nombre de compteurs. Et, comme par le passé, rien ne permet de distinguer touristes et simples passants. Ces deux derniers mois, j’ai traversé au moins soixante fois l’un ou l’autre des trois lieux cités plus haut : pour combien d’unités suis-je inscrit dans les chiffres du Voyage à Nantes ?

Il y a des endroits où les comptages sont moins discutables. Le Nid, par exemple : on ne monte pas par hasard en haut de la tour Bretagne. Bilan 2013 : 113.000 visiteurs. Bilan 2014 : 107.161.

Cela dit, à vu de nez, on a croisé cet été à Nantes bien plus de touristes étrangers que les années précédentes. Un succès du Voyage à Nantes ? Ou plutôt un succès des politiques de rigueur menées en Espagne et au Royaume-Uni ? En tout cas, ceux qui voient un peu plus loin que le bout de la rue Crucy savent que toute la Bretagne a connu une bonne saison touristique 2014. Et pas seulement la Bretagne. Bordeaux a annoncé une forte augmentation du taux d’occupation de ses hôtels de milieu et haut de gamme en juillet. Le parc du Puy du Fou et le Futuroscope ont attiré respectivement 15 % et 17 % de visiteurs en plus cette année. Et là, le comptage est indiscutable : ce sont des gens qui paient.

Évidemment, rien ne permet de dire si la fréquentation touristique aurait été identique ou inférieure (voire supérieure, qui sait ?) sans les machins semés de-ci, de-là par le Voyage à Nantes. Les comparaisons incitent au moins à la modestie. Mais si Jean Blaise a un talent, c’est de savoir tirer la couverture à soi.
Certains ont quand même un peu de mal à s'émerveiller

01 septembre 2014

Nantes twingomorrhisée ?


Modestement logés au Radisson, les journalistes essaient la nouvelle Twingo 3 à Nantes. Six cents spécialistes de l’automobile vont défiler par groupes de quarante. On ignore ce que la ville a accordé au constructeur pour obtenir ce privilège. Face à d’autres candidates, au nombre desquelles, paraît-il, Bordeaux, Montpellier et Copenhague, elle a en tout cas déroulé le tapis rouge.

Superbe coup de com’ pour Nantes ? Pas si sûr ! Certes, on a pu voir la ville sous un beau jour dans un film déjà signalé ici. Mais cette élégante vidéo de Guillaume Lomprez est restée confidentielle. Et l’on se demande à présent si elle n’était pas un leurre à l’intention des journalistes et des Nantais.

En effet, la campagne télévisée en faveur du nouveau modèle, autrement massive, vient de démarrer. Elle raconte une histoire différente. Dans un film d’animation de deux minutes réalisé par Olivier Kuntzel et Florence Deygas, on voit la Twingo se jouer adroitement d’une ville plutôt hostile – une ville symbolisée par des immeubles massifs, de la pluie, des grues et des éléphants habités… Il y a même un serpent géant qui finit aplati : réminiscence de l’exposition Huang Yong Ping à la Hab Galerie ?

On se demande donc si le choix d’une ville en proie aux embouteillages de la rentrée, handicapée par le retard de certains chantiers (le pont de La Motte Rouge a rouvert de justesse pour les Rendez-vous de l’Erdre avec une dizaine de jours de retard), est vraiment un cadeau. Le message est clair : « en avance sur la ville », la Twingo est adaptée aux pires conditions urbaines.

Cerise empoisonnée sur ce gâteau amer, le slogan choisi par Renault pour son nouveau modèle construit en Slovénie est « Go anywhere, go everywhere » -- allez n’importe où, allez partout. N'importe où ? Voilà un qualificatif peu aimable pour une ville qui s’est montrée si obligeante.