20 septembre 2022

Arbre aux Hérons : de la procrastination à la précipitation

Le moment choisi par Johanna Rolland pour abandonner l’Arbre aux Hérons est étrange. Elle invoque des surcoûts qui (1) rendraient impossible le financement d’un tiers du projet par des mécènes (2) rendraient le budget « pas compatible avec ce qui doit être engagé, avec ce qui peut être compris ».

Mais en quoi ces surcoûts (qui pourraient bien être imaginaires) changent-ils la situation ? Le financement d’un tiers par les mécènes était déjà impossible avant les surcoûts, on le savait au moins depuis que le Fonds de dotation avait arrêté ses comptes à fin 2021. D’autre part, ceux pour qui une dépense de 80,4 millions d’euros est incompréhensible ne comprenaient déjà pas une dépense de 52,4 millions.

Alors, pourquoi avoir attendu la mi-septembre pour tirer une conclusion qui traînait depuis des mois ?

Et plus encore, pourquoi, une fois la décision prise, l’avoir annoncée aussi précipitamment ? C’est de la dernière impolitesse vis-à-vis des acteurs du projet. Par exemple, Johanna Rolland avait créé en septembre 2021 un groupe d’étude transpartisan pour analyser le dossier. Elle l’a convoqué une dernière fois, deux heures avant d’annoncer sa décision, pour lui dire que ses réflexions n’avaient servi à rien. Pire : Carine Chesneau, présidente du Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons, a dû téléphoner en catastrophe à ses soixante mécènes pour leur annoncer qu’ils s’étaient fait avoir. Et l’on ne parle pas des 5511 donateurs de Kickstarter !

Une telle précipitation après des années de tergiversations a sûrement une cause. Reste à savoir laquelle !

 Voir article complet sur Nantes Plus :

http://nantesplus.org/larbre-aux-herons-2/

De l’Arbre aux Hérons à l’Arbre aux goujats

 


18 septembre 2022

L’Arbre aux Hérons, peut-être moins cher que ne le croit Johanna Rolland

Le site web de Nantes Métropole relaie le calcul de l’augmentation du coût de l'Arbre aux Hérons présenté par Johanna Rolland et Fabrice Roussel. Un calcul dont les failles sont assez visibles.

Pour parvenir à un total de 80,4 millions d’euros au lieu de 52,4, la maire de Nantes et son premier adjoint invoquent d’abord le renchérissement des coûts du projet s’il fallait passer par des marchés publics. Ils le chiffrent à 13 millions d’euros, soit 24 % du budget total, ou plutôt 33 % sur la partie construction.

Un tel dérapage est possible si (1) les fonctionnaires de Nantes Métropole chargés de gérer ces marcher sont extraordinairement inefficaces, et/ou (2) les marchés sont truqués. À moins que le chiffre annoncé ne soit bidon ? Il y aurait un moyen simple et peu coûteux pour s’en assurer : lancer un avis de marché avec un montant maximum conforme au projet initial. Si l’on ne reçoit aucune offre, nos édiles avaient raison.

Un deuxième élément de surcoût (+ 15 millions d’euros), nous dit-on, est la forte hausse des coûts de l’acier. Sauf que depuis le mois de mai, il a fortement baissé.

Voir article complet sur Nantes Plus :

http://nantesplus.org/les-mysterieux-surcouts-inventes-par-johanna-rolland/

Les mystérieux surcoûts de l’Arbre aux Hérons inventés par Johanna Rolland



Quand l’Arbre aux Hérons passe du « trop » crédible au « trop » incompréhensible

« Un projet d’Arbre aux hérons à 80 millions d’euros, c’est trop », assure Johanna Rolland sur le site web de Nantes Métropole. C’est beaucoup, en tout cas, mais trop par rapport à quoi ? Johanna Rolland avance deux explications :

1) Pas moyen à ce niveau de respecter le principe du financement en trois tiers, dont un apporté par le secteur privé. Or il faut s’y tenir, histoire de « respecter la crédibilité de la parole publique ». Est-il bien sûr que cette crédibilité soit mieux respectée par l’abandon soudain d’un projet qu’on avait vanté pendant tant d’années ?

2) Une telle somme n’est « pas compatible avec ce qui doit être engagé, avec ce qui peut être compris ». Que ceux qui comprenaient un Arbre à 52,4 millions et ne comprennent pas un Arbre à 80 millions lèvent le doigt !

Voir article complet sur Nantes Plus

http://nantesplus.org/larbre-aux-herons-etait-trop-mais-par-rapport-a-quoi/

L’Arbre aux Hérons était « trop », mais par rapport à quoi ?

 


16 septembre 2022

L’Arbre aux Hérons était mort depuis longtemps mais personne n’osait le lui dire

Annoncer l’abandon de l’Arbre aux Hérons a manifestement été un moment douloureux pour Johanna Rolland. Elle avait pourtant bien eu le temps de s’y préparer. L’échec était déjà envisagé le 4 novembre 2019, date à laquelle le conseil métropolitain a décidé de changer le nom du Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons en lui ajoutant : « et du Jardin extraordinaire ». Ce qui, en cas de malheur, permettait de garder l’argent au lieu de le rendre aux mécènes !

Ces derniers ne se sont pas précipités, malgré les sollicitations de la déléguée générale du Fonds de dotation, Karine Daniel, ancienne députée et ancienne suppléante de Jean-Marc Ayrault. Aussi le projet était-il virtuellement mort au 31 décembre dernier, quand le Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons a bouclé ses comptes pour 2021.

La directrice de la campagne présidentielle d’Anne Hidalgo n’avait peut-être pas eu le temps, alors, de s’occuper de ce qui se passait dans sa ville. Mais on imagine mal que Karine Daniel ne l’ait pas mise au courant une fois la campagne terminée.

Karine Daniel, qui est tout de même docteure en économie, avait forcément une idée de ce qui allait se passer. Elle-même semble avoir baissé les bras depuis quelques mois. Un seul nouveau mécène a été enrôlé depuis le début de l’été, GSS Global Sportswear Services, qui peut avoir l’impression d’être tombé dans un traquenard. La dernière « actualité » affichée sur le site arbreauxherons.fr remonte au mois de mai. La page Facebook du Fonds est très peu active depuis trois mois ; sa dernière publication remonte au 22 août. Tiens, ne se serait-il pas passé quelque chose le concernant directement le 15 septembre ?

Et puisqu’il faut bien parler gros sous, il est probable que depuis le début de l’année le Fonds consomme plus d’argent qu’il n’en récolte…

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http://nantesplus.org/johanna-rolland-arbre-aux-herons/


Illustration : saisie d'écran Télénantes

13 septembre 2022

La Machine Toulouse plombe celle de Nantes

Nantes ne suffisait pas à François Delarozière. Les commandes et les subventions métropolitaines lui ont pourtant permis d’exprimer et de développer un talent qui, sans elles, serait peut-être resté confidentiel : il n’y a pas beaucoup d’amateurs particuliers pour s’offrir un éléphant mécanique. Les Machines de l’île, « ingénieuse mécanique à transformer l'argent public », comme dit Médiacités, mais aussi l’escalier métallique du Jardin extraordinaire ou les études de l’Arbre aux Hérons ont fait pleuvoir littéralement des millions d’euros sur le plasticien et son association, La Machine. 

Le siège de La Machine a longtemps été à Toulouse. Et quand enfin il a été transféré à Nantes, François Delarozière a créé… La Machine Toulouse, qui gère la Halle de la Machine, une « vitrine de la compagnie de théâtre de rue La Machine » installée dans un bâtiment tout neuf construit par Toulouse Métropole. Avec à la clé une délégation de service public (DSP) assortie d’une énorme subvention.

Et c’est la cata… On vient de le découvrir à l’occasion de la publication très, très tardive des comptes 2018-2020 de La Machine Toulouse. Bien entendu, les mesures anti-covid-19 n’ont pas aidé, mais avant même l’épidémie, malgré les subventions, la Halle de la Machine brûlait un cash considérable. Et sollicitait des secours publics non moins considérables.

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http://nantesplus.org/francois-delaroziere/

LesMachines pas moins déficitaires à Toulouse qu’à Nantes

C’est l’affaire de Toulouse ? Pas seulement. La Machine, celle de Nantes donc, est venue au secours de sa cousine par des « mises à disposition à titre non onéreux » : en 2021, révèlent les comptes officiels, Catherine Saudray, directrice juridique, était censée lui consacrer 37 % de son temps sous le titre de « Grande stratège juridique et financière au Bureau des finances », Fredette Lampre, dircom, 28 % du sien comme « Grande Ambassadrice du Bureau de la douce propagande », etc.

Mais surtout, le sort de l’ambitieux projet toulousain de François Delarozière augure mal de son non moins ambitieux projet nantais, l’Arbre aux Hérons.

27 août 2022

Saint Florent n’est pas le dieu des Océans

Si comme moi vous n’êtes pas un lecteur enthousiaste de Julien Gracq, allez donc faire un tour à l’exposition Julien Gracq, l’œil géographique présentée à la médiathèque Jacques Demy jusqu’au 3 septembre.

N’y espérez pas un éblouissement soudain devant les quelques fac-similés de textes présentés. En revanche, la cinquantaine de photos exposées, et commentées par Israel Ariño, Jacques Boislève, Hélène Gaudy, Martin de La Soudière, Emmanuel Ruben et Jean-Louis Tissier dans un livret à rendre à la sortie (mais vous pouvez le retrouver en ligne), révèle une facette de l'écrivain différente et intéressante.

Louis Poirier était professeur de géographie et cela se voit. Ses photos cherchent à décrire des paysages. Mais elles montrent aussi autre chose, que les auteurs du livret ont omis de souligner : Julien Gracq  n’était pas à l’aise avec l’océan. Il ne le maîtrise pas dans ses livres, il ne le montre qu’accessoirement, comme un espace plat et fini, dans ses photos.

Le souffle océanique n’est pas dans sa nature d’Angevin. Sans doute est-ce parce qu’entre pays ils se comprenaient que Jean-Marc Ayrault le mettait en avant, parfois même jusqu’au ridicule.

Lire l’article complet sur Nantes Plus :

http://nantesplus.org/julien-gracq-geographe-sans-vagues/




22 août 2022

Royal de Luxe plein aux as

Le mur de Royal de Luxe a été repeint voici quelques semaines. Qui s’en est aperçu ? Il était tagué depuis des années. Qui s’en était aperçu ? Royal de Luxe n’est plus un sujet de conversation à Nantes. Avant tout parce qu’il ne fait plus grand chose. Quelques animations scolaires ou une installation en haut d’un immeuble de Bellevue – sans doute par crainte de ce qui pourrait arriver à une installation en bas de l’immeuble – n'ont plus grand chose à voir avec La Visite du sultan des Indes ou les déambulations des Géants.

Pourtant, la troupe reste un cas exceptionnel. Elle a beau ne rien faire ou presque, les subventions tombent régulièrement d’année en année, au point qu’elle n’arrive pas à tout dépenser. Son bas de laine gonfle, gonfle, comme le montrent une fois de plus ses comptes annuels 2021, publiés voici quelques jours. Le million d'euros n'est pas loin. Un cas certainement très rare parmi les saltimbanques !

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http://nantesplus.org/royal-de-luxe-seul-le-mur-reprend-des-couleurs/

Royal de Luxe : seul le mur reprend des couleurs


18 août 2022

Le Voyage à Nantes 2022 dialogue avec Poutine

Le Théâtre des opérations, d’Hélène Delprat, est l’œuvre phare du Voyage à Nantes 2022. La couverture du livret distribué aux touristes lui est consacrée et aussi, plus important encore, son éditorial signé Jean Blaise. Saisissante et hallucinatoire, l’œuvre n’est pas en cause. Le choix du lieu est plus contestable.

Après avoir confié la place Graslin à Stéphane Thidet (Rideau) en 2020 et la place Royale à Hugo Schiavi (Le Naufrage de Neptune) en 2021, Le Voyage à Nantes n’a accordé que la place Félix-Fournier à Hélène Delprat (Le Théâtre des opérations) en 2022. Sur ce théâtre étriqué, que la moitié des Nantais seraient incapables de situer car ils l’appellent place Saint-Nicolas, les opérations se bornent forcément à de petites additions. Plus une petite soustraction : l’une des figures de l’installation s’est égarée sur la place Graslin.

Les Façades chromatiques d’Alexandre Benjamin Navet sont mieux positionnées. Ces énormes échafaudages de bois, dissimulés d’un côté par une bâche aux couleurs vives, mettent bien en valeur le côté inachevé de la place du Commerce.

Le Voyage à Nantes a le sens de l'actualité : on dirait qu'après deux années d'installations aquatiques remarquables, il cultive la sécheresse cette année. Mieux, il fait dans la géopolitique : Jean Blaise assure entre les lignes, dans son éditorial, que la vue de ces œuvres aurait dissuadé Vladimir Poutine d’attaquer l’Ukraine !

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http://nantesplus.org/le-theatre-des-operations-le-voyage-a-nantes-brigadier/

Le Théâtre des opérations : Le Voyage à Nantes brigadier

09 août 2022

Un après-covid cachectique pour Le Voyage à Nantes 2022

« Le tourisme redémarre », entend-on dire un peu partout en France : 2022 égalerait ou dépasserait 2019, année record.

Ce redémarrage paraît laborieux à Nantes. Google Trends en livre un indice objectif. Il montre combien d’internautes s’intéressent à tel ou tel terme de recherche. Or les recherches sur « Le Voyage * Nantes » (il faut utiliser le caractère joker pour que soient comptés aussi ceux qui oublient l’accent sur le « à ») révèlent que le VAN n’intéresse pas davantage, voire moins, en 2022 qu’en 2020 et 2021, années d’épidémie pourtant.

Les statistiques de Google Trends ne disent pas combien de touristes viennent effectivement à Nantes. Mais elles font apparaître une tendance : depuis son lancement voici onze ans, malgré la vogue du tourisme urbain, Le Voyage à Nantes n’a jamais décollé. L’intérêt suscité par sa première édition est retombé. Jean Blaise avait promis une montée en puissance ; en fait, il s’essouffle progressivement.

Google Trends permet aussi de comparer des recherches entre elles. On peut voir si Le Voyage à Nantes évolue mieux que d’autres manifestations avec des recherches sur « Carnaval de Nice », « Fête des Lumières », « Festival de Ramatuelle », etc. Le plus souvent, les autres font mieux. Les Nantais peuvent néanmoins se consoler avec « Un été au Havre ».

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19 juillet 2022

Pour Nantes Métropole, la nature, ça n’est pas simple

Le décret de Memphis gravé sur la Pierre de Rosette qui a permis de déchiffrer l’écriture égyptienne n’était pas une mince affaire : il s’agissait d’établir le caractère divin du pharaon Ptolémée V. Il tient pourtant en moins de trente lignes de hiéroglyphes. Où les civilisations du quatrième millénaire trouveront-elle un Champollion capable de déchiffrer la dizaine de documents composant l’avis de marché « Mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour évaluer certaines règles du Plan Local d’Urbanisme métropolitain de Nantes Métropole en faveur de la nature en ville et de la densité » ?

On semble s’être ingénié à compliquer les conditions d’exécution de la mission, étroitement encadrée par les services gigognes de Nantes Métropole et le G24FVES intercommunal.

Sauf pour les opinions extérieures, cependant, à commencer par celles des citoyens. Elles seront filtrées par Nantes Métropole, c’est plus simple.

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http://nantesplus.org/lurbanisme-nantais-sera-t-il-verdi-ou-blanchi/

L’urbanisme nantais sera-t-il verdi ou blanchi ?