mardi 7 juin 2016

Lobbying pour NDDL (28) : Nantes Métropole tronque et truque

Les partisans de la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes portent volontiers leur vertu en bandoulière. Ils réclament le « rétablissement de l’état de droit », considéré comme synonyme de feu vert au projet. Car NDDL est un équipement licite. « Le transfert de l’aéroport Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes est entériné par le Grenelle de l’Environnement », ne manque pas de souligner Nantes Métropole. « La loi du 3 août 2009 prévoit que ‘’la création de nouveaux aéroports sera limitée aux cas de déplacement de trafic’’ ».

Et Nantes Métropole de débiter dans la foulée ses arguments en faveur de l’aéroport : « développement du Grand Ouest », « accompagner la croissance du trafic aérien dans l’Ouest », « augmenter l’offre de logements », « implantation de nouvelles activités créatrices d’emploi », etc.

Tous ces arguments sont hors-la-loi. Car Nantes Métropole a tronqué sa citation de la loi du 3 août 2009. Au lieu de :
« la création de nouveaux aéroports sera limitée aux cas de déplacement de trafic »,
cette loi dit en effet, comme chacun peut le vérifier :
« la création de nouveaux aéroports sera limitée aux cas de déplacement de trafic pour des raisons environnementales ».
Réclamer la construction de l’aéroport au nom de la protection de la faune du lac de Grand-Lieu, très bien (à condition d’expliquer en quoi cette faune est préférable à celle de NDDL, bien sûr). La réclamer au nom des oreilles des Nantais habitant en zone de bruit aéroportuaire, passe encore, quoique la loi revendique de « faire baisser le bruit au voisinage des aéroports » et non d’éloigner ces derniers. Mais tous les arguments du genre augmentation du trafic aérien, développement économique, urbanisation, soutien aux entreprises du BTP et même éloignement du risque de chute d’aéronef, ces arguments qui peuplent les argumentaires des partisans du projet, sont complètement hors piste.

Le « rétablissement de l’état de droit » n’est pas pour demain.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Et même sur la protection de la faune du Lac de Grand Lieu: je ne sais pas pourquoi, mais j'aurais plus tendance à faire confiance à Loïc Marion (chercheur CNRS spécialiste du lac, premier directeur de la réserve pendant 23 ans) qu'à Manuel Valls au niveau compréhension des mécanismes écologiques en jeu.
https://naturalistesenlutte.wordpress.com/2013/03/20/le-projet-d-aeroport-menace-aussi-la-reserve-naturelle-de-grand-lieu-e/