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06 mars 2026

Foin des « Imaginaires » gazeux, c'est Jules Verne qu'il nous faut !

 Nantes Métropole recrute un dircom pour la Cité des Imaginaires – Musée Jules Verne. Le poste est à pourvoir à partir du 1er mars ! S'agit-il de désigner quelqu'un en vitesse pour occuper le poste en cas de malheur électoral ? Car la stratégie de communication suivie pourrait dépendre fortement du résultat des urnes.

Foulques Chombart de Lauwe promet un « grand musée Jules Verne », L'équipe Rolland prévoit une Cité des Imaginaires, au sein de laquelle il y aura un musée Jules Verne. Ce n’est pas du tout la même chose. Le double nom Cité des Imaginaires – Musée Jules Verne est d'emblée un handicap. Le public ne retient pas deux noms à la fois. Et Nantes Métropole elle-même, en réalité, n'en connaît qu'un. Quand elle évoque le futur établissement sur son site web, c'est toujours sous le seul nom « Musée des Imaginaires ».

Buste de Jules Verne au Jardin des plantes

Qui trop embrasse mal étreint. Au lieu d'attirer le public international avec le nom du plus célèbre de ses enfants, Nantes risque de dépenser beaucoup d'argent pour proclamer un concept gazeux qui ne dira rien à personne. Il ne suffit pas de mettre 50 millions dans un bâtiment pour faire venir les touristes si l'on n'a pas un message parlant à y attacher.

J'enfonce là une porte ouverte. Mais pourquoi Nantes tient-elle à la maintenir fermée ? De toute évidence, l’idéologie s’en mêle ! Si quelqu’un dit « Jules Verne », il y a toujours un demi-intellectuel pour ressortir le cliché de l’écrivain colonialiste et antisémite au nom d'une demi-douzaine de phrases anecdotiques, dispersées dans une œuvre abondante. Des clichés anodins, courants sous la plume des écrivains de son temps, mais devenus condamnables de nos jours.

Jules Verne pourrait inspirer mille messages enthousiasmants. Alexandra Müller, directrice de la Cité des imaginaires, a déjà promis que le musée mettra en valeur ses textes « mais aussi ce qu’ils peuvent avoir, parfois, de choquant aujourd’hui ». La cause est entendue : on administrera au visiteur une leçon de morale. On y amènera les enfants des écoles, qui de toutes façons n'auront pas leur mot à dire. Faire venir les touristes risque d'être plus difficile.

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/jules-verne/

Nantes a le Jules Verne honteux

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L'Arbre aux Hérons : comment Nantes s'est prise à rêver et ce qui s'est passé ensuite

Toute l'histoire de l'Arbre aux Hérons rapportée dans un livre de 152 pages, 12 €


27 février 2026

Grève aux Machines de l’île : quelle baguette magique pour sortir d’un très mauvais pas ?

Une grève aux Machines de l’île en période de vacances scolaires ? En voilà, du pas de côté ! Et le reste du Voyage à Nantes s’y met ! La société publique locale, gestionnaire du tourisme à Nantes par délégation de service public (DSP), n’est pourtant pas un mauvais patron. Sauf qu’elle compte beaucoup de salariés à temps partiel, qui ont du mal à finir le mois. Ce n’est pas une surprise, la plupart des activités touristiques connaissent ce problème. Jean-Marc Ayrault ne pouvait l’ignorer en 2004 quand il a décidé de doter Nantes, ex nihilo, d’une activité ludique à vocation internationale.

Les Machines de l’île sont chères aux Nantais ? Elles leur coûtent cher aussi. Les salaires sont payés par des subventions publiques à hauteur de 30% environ. Satisfaire les grévistes supposerait de prendre encore plus dans la poche des contribuables (ce que, théoriquement, la législation des DSP ne permet pas). On recherche la « magie », comme dans les parcs Disney, mais le réel s’impose.

Le problème n’est pas né tout à coup début 2026 ! Le déséquilibre est allé en s’aggravant depuis des années au vu de tous. Il suffisait de regarder les comptes, comme le présent blog le fait depuis des années. Personne n’a su imaginer de solution autre que toujours plus de subventions. C’est la longue inaction de Jean Blaise en tant que patron du Voyage à Nantes, et de Johanna Rolland, en tant que maire de Nantes, qui sont en cause. L’Arbre aux Hérons – mauvais projet par ailleurs, mais c’est une autre affaire ‑ était censé donner un second souffle aux Machines. Il a été abandonné sans être remplacé. Sans un coup de baguette magique, l’avenir des Machines paraît mal engagé.

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/greve/

Grève au Voyage à Nantes : l’argent manque, le rêve aussi


21 février 2026

Mémoires nantaises (2) Jean Blaise et le grenier du siècle

Les mémoires de Pierre Orefice ont fait l’effet d’un coup de tonnerre et d’un pied dans le plat, voire d’un crachat dans la soupe. On attend avec curiosité celles de Jean Blaise. Il va se « remettre » à écrire, prévenait Véronique Escolano en conclusion du portrait aimable qu’elle lui a consacré dans Ouest-France le jour de son départ en retraite.

Car, s’il a très peu publié, Jean Blaise a pas mal écrit, principalement sous la forme des introductions du livret annuel de présentation du Voyage à Nantes estival, toujours signées de sa main. Des textes très travaillés et dont le tirage (180 000 exemplaires en 2016) en faisait l’égal de best-sellers littéraires.

Ces manifestes ciselés abondent en morceaux de bravoure stylistiques, en oracles ésotériques et en visions sociologiques fulgurantes. « Nous avons la réputation ici d’une grande modestie » écrivait-il en 2012. Allons, allons, il ne faudrait pas non plus en faire trop dans la modestie. À défaut de mémoires formelles, ces pages mériteraient d’être rassemblées en un recueil de citations.

Les critiques littéraires y retrouveront sûrement la source d’inspiration littéraire de l’auteur. Il l’a lui-même affichée en déposant dans le Grenier du siècle, qui occupe la façade sud du Lieu Unique, un exemplaire de La Vie, mode d’emploi, de Georges Perec. Ce livre qui traite de choses minuscules avec une précision maniaque pourrait en dire éclairer pas mal de choix du Voyage à Nantes. 


Voir article complet, avec de nombreuses citations, sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/memoires/

Mémoires nantaises (2) Jean Blaise a-t-il perdu le mode d’emploi oulipien ?

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Rappel : 

L'Arbre aux Hérons : comment Nantes s'est prise à rêver et ce qui s'est passé ensuite

Toute l'histoire de l'Arbre aux Hérons rapportée dans un livre de 152 pages, 12 €


09 février 2026

Du bulletin de vote comme un billet de loto

 Avec un peu de chance, on aurait pu pasticher les Frères Jacques :

Encore heureux qu’il ait fait beau
Et qu’la Marie-Johanna soit un bon bateau !

Mais voilà, il n’a pas fait beau. La barge qui devait livrer à Nantes le tablier du pont Anne-de-Bretagne n’a pu affronter le mauvais temps, on a chargé le tout, barge plus tablier, sur un énorme navire  qui atteindra l’estuaire de la Loire dans trois ou quatre jours. Le coût du transport aura probablement été multiplié par quatre ou cinq par rapport à l’estimation initiale. La consommation de fuel aussi : la proclamation écologique de Nantes Métropole est devenue ridicule.

Et tous les gars du côté de Noirmoutier Ne sont pas prêts de s'arrêter de rigoler

Ce n’est pas le premier coup de malchance de ce chantier. Mais on a vu pire avec l’Arbre aux Hérons, quand Johanna Rolland a dû abandonner le projet parce que le prix de l’acier avait monté. Peut-être un peu aussi parce qu’elle avait elle-même décrété que le secteur privé financerait un tiers du budget et que le fonds de dotation à la tête duquel elle avait nommé Karine Daniel était très loin du compte.

On a échappé au pire

De YelloPark à la SEM La Folle Journée en passant par l’IEA, Johanna Rolland a souvent eu le mauvais œil. Et ça pourrait même être contagieux. Quand Anne Hidalgo a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022, les sondages lui donnaient 5,5 % des voix. Elle a nommé Johanna Rolland directrice de campagne et elle a fini à 1,7 %. Alors, pour les municipales de mars prochain, effet pied gauche ou pas ?

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/johanna-rolland-4/

Johanna Rolland a-t-elle de la chance ?


28 janvier 2026

Un livre en souvenir (provisoire ?) de l’Arbre aux Hérons

Près de vingt-deux ans après ses débuts, l’aventure de l’Arbre aux Hérons est-elle terminée ? En guise d’épitaphe, je viens de publier un livre sur lesujet. Tous les aspects de l'histoire y sont rappelés en 152 pages :


Cependant, pour livrer le fond de ma pensée, je ne suis pas sûr du tout que cet « ensuite » soit complètement achevé. « Quand c'est fini, N.I. ni ni, ça recommen-ence », chantait Léo Ferré. Les zombies, ça existe ! Plus exactement :

1)       Le prototype de Héron construit à grands frais est toujours là, branlant et rouillé, entre les Machines de l’île et l’école Aimé-Césaire.

2)       Il a fait l’objet d’une promesse explicite : « Johanna Rolland et Fabrice Roussel ont confirmé aux mécènes que les fonds collectés par le fonds de dotation financeront la mise en exploitation du Grand Héron, déjà visible sur l’esplanade des nefs et déjà propriété de la Métropole. » 

3)       À l’automne 2024, Nantes Métropole a passé avec un grand bureau d’études un marché public intitulé Diaghéron et portant non seulement sur un diagnostic de la machine mais aussi sur un suivi de sa remise en état.

4)       Les Machines de l’île ont désespérément besoin d’une nouveauté pour se relancer et réduire leur trou financier.

5)       Johanna Rolland elle aussi a besoin d’une annonce forte, pas seulement pour dynamiser sa campagne mais aussi pour faire oublier la manière chaotique dont elle a géré le dossier. 

Comment faire ? Mais en annonçant la prochaine ressuscitation du Grand Héron, quels qu’en soit le coût et l’équation économique ! Une telle annonce lors de la réouverture des Machines de l’île, le 7 février, dynamiserait du même coup leur saison 2026. On prend le pari ?

En attendant, ne manquez pas de lire L’Arbre aux Hérons : comment Nantes s’est prise à rêver et ce qui s’est passé ensuite, qui relate en détail l’histoire du projet et les raisons de son échec.

  • Disponible sur Amazon et à la librairie Coiffard, rue de la Fosse à Nantes.

·         ISBN 979-8279277322, 152 pages, 12 €.


Lire article complet sur Nantes Plus : 

https://nantesplus.org/arbre-aux-herons-3/

Un livre sur l’Arbre aux Hérons : histoire d’un flop extraordinaire peut-être pas achevé



Libérez nos camarades !

 

15 janvier 2026

Mémoires nantaises (1) Nantes sous Pierre Orefice, c’était sûrement mieux avant

Pierre qui ? Les peuples sont oublieux. De 2007 à 2023, Pierre Orefice, comme salarié de la SPL Le Voyage à Nantes, a dirigé les Machines de l’île, dont il était l’un des concepteurs. Il s’apprête à publier ses mémoires* rédigées avec le concours de Philippe Dossal, polygraphe plus à l’aise dans l’éloge que dans la critique. Raconteur d’histoires de profession, Pierre Orefice résistera-t-il à la tentation d’en rajouter ? Et surtout à la tentation d’en retrancher ?

Pierre Orefice est l’un de ces enfants du baby-boom qui, dans les années d’après mai 1968, ont renoncé à des carrières classiques et abandonné leurs études à HEC, à Sciences Po ou en fac de droit (ah ! Isabelle…) pour devenir saltimbanques. Beaucoup d’entre eux ont fini par rentrer dans le rang : il faut bien vivre. Lui a réussi à vivre de sa vocation, et même confortablement. Il a été aux côtés de Jean-Luc Courcoult l’un des acteurs du succès de Royal de Luxe. Il en a été administrateur de 1985 à 1998, d’abord à Toulouse puis à Nantes à partir de 1989. « Cette histoire a mal fini », admet-il, mais elle a été fructueuse.

L’arrivée de Royal de Luxe à Nantes n’était pas un hasard. Dès les année 1980, l’idée de faire de la culture une arme politique agitait la gauche nantaise, sous l’influence entre autres de Yannick Guin, ancien surveillant à Saint-Stan, professeur d’histoire à la faculté de droit et bon connaisseur d’Antonio Gramsci. Une fois élu à la mairie de Nantes, Jean-Marc Ayrault a fait de Guin un éphémère adjoint à la culture, qui s’en ira déçu. Surtout, il s’est entouré de chapeaux à plumes culturels. On l’a peu remarqué, mais l’Angevin Ayrault a alors désigné principalement des boomers venus d’ailleurs que de Nantes, où pourtant les compétences ne manquaient pas. Jean Blaise a été élevé dans la région parisienne et a travaillé à Bordeaux. Originaires respectivement d’Aix-en-Provence, de Marseille et de Lorraine, Jean-Luc Courcoult, François Delarozière et Pierre Orefice venaient de passer plusieurs années à Toulouse.

Pierre Orefice (à gauche), au chevet de l'Eléphant en panne

Plusieurs livres ont relaté l’histoire glorieuse de Royal de Luxe. Ils ne vont pas au-delà de l’année 2011**. On comprend pourquoi, hélas : la saga des Géants s’est répétée en boucle moyennant des changements de costume tandis que les « spectacles de place », représentés devant une assemblée de spectateurs admis souvent sur réservation (!), rompaient avec le théâtre de rue. Pierre Orefice n’en dira pas davantage, il ne décrira pas le long déclin de la compagnie puisqu’il a préféré officier indépendamment sous l’étiquette Manaüs dès 1999. Avec François Delarozière, qui a aussi abandonné Royal de Luxe pour s’occuper de sa propre structure, La Machine, il a présenté à Jean-Marc Ayrault un projet à plusieurs millions d’euros d’abord connu sous le nom de « Machines de Manaüs », qui devait compter une demi-douzaine d'attractions. Les Machines de l’île ouvrent leurs portes en 2007 ; Pierre Orefice en sera le directeur jusqu’en septembre 2023.

Pendant toute cette période, Les Machines de l’île auront été pour Nantes Métropole un gouffre financier. Oh ! Pierre Orefice a sûrement fait de son mieux pour donner vie à un concept faiblard dès le début. Il a fait tourner la boutique, organisé des animations sympathiques (Noël aux Nefs…), tenté quelque diversification (Nantes Maker Campus…). Sans nul doute, ses Mémoires en témoigneront. Mais son premier talent pendant toutes ces années aura peut-être été sa capacité à obtenir des subventions de fonctionnement, passées de 400 000 euros l’année du démarrage à 3,1 millions d’euros en 2024. Vient ensuite son don pour les déclarations glorieuses assaisonnées parfois d’un peu de burlesque. Quelques exemples :

 « Nous remplissons quotidiennement plus de 100 % de nos capacités » (à propos du taux de remplissage des Machines de l’île)

« Tous les gens qui ont croisé les deux éléphants ont reconnu que le nôtre était unique et bien plus beau » (à propos d’un éléphant géant montré au Carnaval de Nice)

« Du haut de la vigie, on pourra voir le pont de Saint-Nazaire et la mer par temps clair » (à propos du Carrousel des mondes marins)

« La puissance, la démesure et l’accessibilité de l’Arbre aux Hérons permettent à une ville de préempter le thème de l’Arbre et tous ses attributs » (à propos du projet initial de l’Arbre aux Hérons)

« La bonne santé financière des Machines de l’île doit leur permettre de contribuer au financement de l’Arbre aux Hérons, via un emprunt, à hauteur de 8 millions d’euros »

L’Arbre aux Hérons, justement, devrait logiquement être le dernier chapitre des mémoires nantaises de Pierre Orefice. Celui-ci livrera-t-il toute la vérité sur l’hallucination à 10 millions d’euros qui semble avoir saisi pendant une quinzaine d’années Jean-Marc Ayrault, Johanna Rolland, un grand nombre de Nantais, 5 511 donateurs et une cinquantaine de mécènes ? On est impatient, du moins, de savoir s’il maintient son pronostic pessimiste de 2013 : « Ne pas faire l’Arbre aux Hérons casserait complètement la dynamique des Machines », lesquelles n’auraient alors pas plus de dix ans à vivre. Le Héron serait-il un oiseau de malheur ?

* Producteur d’impossible : de Royal de Luxe aux Machines de l’île, 2026, Les Chantuseries et Coiffard éditions.
** Les Mémoires des Géants, de Hee-Hyung Lee (L’Harmattan) date de 2019 mais traite des spectateurs plutôt que de la troupe.


à lire aussi :

Un livre en souvenir (provisoire ?) de l’Arbre aux Hérons

https://lameformeduneville.blogspot.com/2026/01/un-livre-en-souvenir-provisoire-de.html

21 novembre 2025

Tourisme à Nantes (5) : feue l’ambition touristique de Jean-Marc Ayrault

Juin 2004 : Jean-Marc Ayrault fait adopter par Nantes Métropole un projet destiné à créer de toutes pièces une destination touristique internationale : les Machines de l’île. François Delarozière et Pierre Orefice proposent sept ou huit attractions étonnantes. Huit ans plus tard, en 2012, deux d’entre elles seulement sont opérationnelles quand Jean-Marc Ayrault quitte Nantes pour l’hôtel Matignon : l’Éléphant et la Galerie. Le Carrousel est en voie d’achèvement. 

Avril 2014 : Johanna Rolland est élue présidente de Nantes Métropole. Les Machines de l’île comptent alors trois attractions. Fin 2025… toujours trois. Pendant presque douze ans, les Machines sont restées pratiquement en l’état. Johanna Rolland a abandonné en 2022 le projet d’Arbre aux Hérons qu'elle avait confirmé en 2016. Au moins dix millions d’euros ont été dépensés en pure perte. La vocation internationale de Nantes est en déshérence. 

Structurellement déficitaires, les Machines de l’île devraient disparaître. Mais l’écosystème touristico-congressiste de Nantes ne s’en remettrait sans doute pas. Il va donc falloir conserver les Machines et tout le reste, quitte à y engloutir chaque année plusieurs millions d’euros de subventions, sans perspectives d’amélioration à moyen terme. 

Et avec une épée de Damoclès au-dessus du système. Nantes a confié ses activités touristiques à la SPL Le Voyage à Nantes dans le cadre de délégations de service public (DSP). Légalement, elle ne peut les assortir de subventions que dans la mesure des sujétions de service public qu’elle impose à son délégataire. Dans les faits, elle adapte ses copieuses subventions aux déficits d’exploitation du Voyage à Nantes. 

Le contrat de DSP des Machines de l’île vient à échéance fin 2026. Si Nantes tente de le reconduire sans changement majeur, la logique voudrait que le préfet demande l’avis de la chambre régionale des comptes. Elle n’aura pas les moyens d’améliorer la situation, mais elle pourrait l’aggraver encore !

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/machines-de-lile-2/

L’ambition touristique de Jean-Marc Ayrault :
une voie sans issue pour Nantes

Précédents billets :

Tourisme à Nantes (1) : Le Voyage à Nantes 2025 a changé de patron mais a gardé ses compteurs (enfin, pas tous…)

Tourisme à Nantes (2) Le Voyage à Nantes ne fait pas mieux que vivoter depuis vingt ans

Tourisme à Nantes (3) : Les Machines de l’île en danger

Tourisme à Nantes (4) : les Machines de l’île implicitement condamnées

13 novembre 2025

Tourisme à Nantes (4) : les Machines de l’île implicitement condamnées

« Dire non à l'Arbre aux Hérons, ce serait dire non à la pérennité des Machines », avaient prévenu Pierre Orefice et François Delarozière dès 2013. « Ce serait stopper une belle aventure et condamner la dynamique des Machines dans les dix ans à venir. » Tout parc d’attraction doit évoluer régulièrement pour inciter le public à revenir. Même si elles n’étaient pas très spectaculaires – un « paresseux », des « colibris »… ‑ les nouveautés destinées in fine à l’Arbre aux Hérons permettaient aux Machines de stimuler leur fréquentation grâce à une communication ardemment relayée par la presse locale. De plus, le succès de la Galerie des Machines repose sur le talent de ses animateurs, qui ont besoin de perspectives pour maintenir leur motivation. Plus d’Arbre, plus de nouveautés. Voilà pourquoi les Machines de l’île sont en danger.

Johanna Rolland s’est donné le temps de réfléchir à la question. Le 7 juillet 2016, elle annonce la construction de l’Arbre aux Hérons puis lance une longue et coûteuse série d’études préalables. Il y en a au total pour 8,6 millions d’euros de dépenses préliminaires ‑ et même 9,2 millions en comptant la branche prototype construite dès 2007 devant les Nefs des Chantiers. Le 9 juillet 2021 enfin, entourée de Fabrice Roussel, Pierre Orefice, Yann Trichard et Ben Barbaud, patron du Hellfest, Johanna Rolland déclare : «  Le projet entre dans une phase décisive ». Mais au lieu de faire voter un feu vert formel par le conseil métropolitain, elle remet le sujet à plus tard, de séance en séance, pendant plus d’un an. Puis, soudain, le 15 septembre 2022, elle annonce l’abandon du projet pour des raisons économiques fort peu convaincantes.


L’Arbre aux Hérons est un projet mal fichu à plusieurs égards : il est raisonnable d’y renoncer et déraisonnable d’avoir tergiversé si longtemps. Mais il faut en assumer les conséquences. Johanna Rolland sait que, conformément à la prophétie de MM. Delarozière et Orefice, elle risque de tuer les Machines en abandonnant l’Arbre aux Hérons. Elle le sait si bien qu’elle avance un plan B. L’abandon de l’Arbre aux Hérons « ne marque pas la fin des Machines de l’île », assure expressément Nantes Métropole (c’est nous qui soulignons), « puisque Johanna Rolland et Fabrice Roussel ont confirmé aux mécènes que les fonds collectés par le fonds de dotation financeront la mise en exploitation du Grand Héron […] dès la saison touristique 2024/2025 ».

Un plan B peu convaincant

Autrement dit, cette mise en exploitation est le fil qui relie les Machines à la vie. C’est un plan B au rabais, mais il a le mérite d’exister. Il est confirmé début 2024 quand Fabrice Roussel, alors premier vice-président de Nantes Métropole, déclare : « Ce que nous voulons et nous nous y sommes engagés par rapport aux mécènes, c’est [mettre le Grand Héron] en exploitation comme le Grand Éléphant à partir de 2025 ». L’engagement initial pris « par rapport aux mécènes » est même la construction de l’Arbre aux Hérons tout entier, mais passons… Cette première promesse n’ayant pas été tenue, la seconde le sera-t-elle ? Elle figure encore à ce jour sur le site web de Nantes Métropole

Plusieurs mois passent encore avant qu’un bureau d’études soit chargé, en octobre 2024, pour un montant pouvant atteindre 220 000 euros HT, d’établir un diagnostic de la santé du Héron, puis de piloter son éventuelle réparation. Il semble que le diagnostic n’ait pas encore été livré. Même si ce n’est pas en 2025, la promesse de Nantes Métropole sera-t-elle tenue un jour ?

Il suffit de regarder la machine abandonnée à côté des Nefs pour en douter. En trois ans et demi de présence, utilisée une seule fois à l’automne 2022, elle semble devenue une épave. Elle a subi des intempéries, certes. Mais tel était son destin ‑ et à 40 mètres de hauteur ! ‑ si l’Arbre avait vu le jour. Et puis, on imagine mal sa proposition commerciale : qui aurait envie d’acheter un billet pour s’installer dans un de ses paniers d’osier afin de tourner en rond pendant quelques minutes à quatre ou cinq mètres du sol ?

Le plan C oublié

Puisque la survie des Machines dépend de ce Héron, faut-il en conclure, corrélativement, que Nantes Métropole s’est résignée à la « fin des Machines de l’île » ? Le soupçon est d’autant plus légitime que, tout le monde semble l’avoir oublié, il a existé un plan C dont Johanna Rolland n’a pas voulu.

En novembre 2022, Yann Trichard, président de la Chambre de commerce et d’industrie, propose une solution privée pour réaliser l’Arbre aux Hérons malgré le renoncement de Nantes Métropole. Il va même jusqu’à évoquer un investissement rentable, et Nantes Métropole admettra que la « faisabilité économique du projet » est démontrée. Ce qui revient à reconnaître entre les lignes que Johanna Rolland s’est trompée en affirmant le contraire deux mois plus tôt !

Nantes Métropole annonce néanmoins, le 15 septembre 2023, que « Johanna Rolland confirme l’arrêt de l’Arbre aux hérons ». Elle justifie cette fois sa décision par des insécurités juridiques aussi peu convaincantes que les arguments économiques avancés un an plus tôt. À tout le moins, si vraiment la « faisabilité économique » est démontrée, Nantes Métropole devrait reprendre sa copie, qui ne comporte pas, elle, ces « insécurités juridiques ».

Et puis non, l’emplacement prévu dans le Jardin extraordinaire sert à autre chose, la page est définitivement tournée. Et l’on en revient à la prophétie de départ : « Dire non à l'Arbre aux Hérons, ce serait dire non à la pérennité des Machines »… (À suivre)

 

Précédents billets :

Tourisme à Nantes (1) : Le Voyage à Nantes 2025 a changé de patron mais a gardé ses compteurs (enfin, pas tous…)

Tourisme à Nantes (2) Le Voyage à Nantes ne fait pas mieux que vivoter depuis vingt ans

Tourisme à Nantes (3) : Les Machines de l’île en danger

 

07 août 2025

Un remonte-pente pour les bilans du Voyage à Nantes ?

Le running gag des bilans estivaux du Voyage à Nantes est-il voué à l’extinction ? Depuis l’origine, Jean Blaise et ses services ont eu à cœur de publier chaque année des résultats formidables qui auraient pu préfigurer les hallucinations de Chat GPT. Le bilan du Voyage à Nantes 2011 était douteux ? On s’était résolu l’année suivante à « un redressement significatif des résultats de l’étude menée sur l’été 2011 », sans lequel le bilan 2012 aurait eu une drôle de mine. Derechef, le bilan 2013, fondé sur des extrapolations, avait été carrément exfiltré en 2014. Etc. On dirait que c’est toujours le bilan de l’année d’avant qui a quelque chose à se reprocher.

Quant au Voyage en Hiver, il semblait affecté du même genre de malformation congénitale.

On a les montagnes qu'on peut :
Mont Royal(e), par Block Architectes,
pour Le Voyage à Nantes 2012 
Mais voilà : la nouvelle direction du Voyage à Nantes semble déterminée à produire des calculs crédibles en créant un « observatoire d'activités touristiques ». Il devrait être plus pérenne que celui concocté par l’Agence d’urbanisme de l’agglomération nantaise (AURAN) en 2014 puisque  un prestataire vient d’être choisi pour quatre ans

Il s’agit de G2A Consulting, un spécialiste reconnu du tourisme montagnard. Il ne trouvera pas grand-chose à escalader à Nantes, pas même un Arbre aux Hérons. Mais il devrait vite s’acclimater grâce à Hélène Madec, nouvelle directrice des Machines de l’île, qui avait déjà recours à ses services dans son poste précédent, comme D.G. de l’office de tourisme de Megève.

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/un-observatoire-alpin-pour-le-voyage-a-nantes/

Un observatoire alpin pour Le Voyage à Nantes

26 juin 2025

Une histoire fichtrement ennuyeuse pour Le Voyage à Nantes et pour Fabrice Roussel, député de Loire-Atlantique

Voilà de quoi animer les coulisses du conseil métropolitain aujourd’hui et demain. La chambre régionale des comptes a publié cette semaine un rapport sur La Chapelle-sur-Erdre. À bien des égards, il n’est pas flatteur. Mais ce qui retiendra le plus l’attention est sa section 2.4.2 intitulée « Un projet mené avec le VAN source d’irrégularités et de dérives budgétaires ». Elle concerne la construction en 2021, au bord de l’Erdre, sur le site de La Gandonnière, d’une œuvre décrite comme « une construction de simples abris en bois et d’une rampe d’accès pour personnes à mobilité réduite ». Une réalisation en partenariat avec la SPL Le Voyage à Nantes.

Le maire de l’époque était Fabrice Roussel, et Fabrice Roussel était aussi président du Voyage à Nantes. Risque de conflit d’intérêt, note la Chambre, qui s’interroge aussi sur la nature du contrat entre la commune et la SPL. Mais le point le plus intéressant est la critique approfondie qu’elle fait de la commande de l’œuvre au collectif Fichtre – une commande effectuée sans mise en concurrence sous couvert de l’article R2122-3 du code de la commande publique (CCP). Cet article autorise les acheteurs publics à déroger au principe des appels d’offres quand les achats concernent une propriété intellectuelle. Pour la conception, d’accord, dit la Chambre ; pour la réalisation, en revanche, la construction des abris, ça ne fonctionne pas.

Rembrandt maçon (illustr. Bing créateur d'images)

Fabrice Roussel n’a pas dû être trop étonné par cette position. Président du Voyage à Nantes, donc, et aussi premier vice-président de Nantes Métropole chargé des grands équipements touristiques, avant son élection comme député de Loire-Atlantique l’an dernier, il avait pu lire avec intérêt en 2022 le rapport de la chambre régionale des comptes sur Saint-Sébastien-sur-Loire, en particulier sa section 6.4, « La réalisation de la Station Nuage a dérogé aux règles de la commande publique ». Même cause, mêmes remarques, qui avaient mené à une perquisition de la brigade financière à la mairie de Saint-Seb’ et au siège du Voyage à Nantes. L’enquête est en cours. On ne voit pas comment La Chapelle-sur-Erdre pourrait y couper.

« L’analyse ne doit pas consister en une analyse subjective de l’œuvre, elle doit consister plutôt dans l’analyse d’un processus qui a consisté à créer une œuvre d’art unique dans un lieu unique », plaide Fabrice Roussel dans sa réponse à la Chambre. Y croit-il lui-même ? Le 15 septembre 2022, Johanna Rolland et lui annonçaient l’abandon du projet d’Arbre aux Hérons pour deux raisons : l’augmentation du coût de l’acier et l’impossibilité de passer un marché unique en application de l’article R2122-3 du CCP.

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/les-nuages-sur-le-voyage-a-nantes-et-sur-un-depute-sepaississent/

Les nuages sur Le Voyage à Nantes et sur un député s’épaississent

14 mars 2025

Femmes au bord de la crise d’imaginaire

Pour installer une Cité des Imaginaires dans le bas-Chantenay, Nantes Métropole a choisi de conserver le bâtiment Cap 44. Motif : c’était l’une des premières applications du béton armé par l’ingénieur Hennebique. On sait à présent à quoi ressemblera la Cité : du verre en bas, du métal en haut. De béton, pas grand-chose, sauf quelques piliers et poutrelles conservés à l’intérieur du bâtiment. Ainsi va le « narratif » métropolitain…


Il ne s’arrête pas là : le même bâtiment hébergera la Cité des Imaginaires et le Musée Jules Verne. Ce double nom devrait conduire à un narratif bifidus, avec un risque de cannibalisation mutuelle ‑ plus de dépenses de communication pour moins d’efficacité commerciale. Or que contiendra le bâtiment ? Le Musée Jules Verne agrandi (1 150 m²), un espace d’exposition (850 m²), une médiathèque/ludothèque, un bar et un restaurant. À part la rime avec « Jardin extraordinaire », on voit mal à quoi sert l’appellation « Cité des Imaginaires ». 

Pour diriger l’ensemble, Johanna Rolland, après un faux départ avec Marie Masson, a néanmoins choisi une ancienne du Centre Pompidou-Metz, c’est-à-dire une professionnelle des expositions et non des musées littéraires. En 2023, les collectivités locales et autres mécènes du Centre Pompidou-Metz ont versé en moyenne 33,17 euros pour chacun de ses 301 449 visiteurs. Nantes Métropole espère que sa Cité des Imaginaires remplacera l’Arbre aux Hérons dont elle attendait un demi-million de visiteurs par an. Il serait démoralisant d’extrapoler, mais on aimerait voir la lettre de mission de la nouvelle directrice.

Voir article complet sur Nantes Plus

https://nantesplus.org/cite-des-imaginaires/

Avec un peu d’imagination, la Cité des Imaginaires s’appellerait… Musée Jules Verne

05 janvier 2025

Les Machines de l’île vouées à la privatisation ?

Jean Blaise n’a pas eu un mot pour les Machines de l’île dans son entretien d’adieu donné à Presse Océan juste avant Noël. Elles sont pourtant, avec le château des ducs de Bretagne, l’une des deux grandes sources de chiffre d’affaires de la SPL Le Voyage à Nantes (mais aussi sa principale source de déficit). Son désintérêt contribue à expliquer la dérive de cet équipement avec lequel Jean-Marc Ayrault aurait voulu faire de Nantes une destination touristique internationale.

Les Machines de l’île ont été conçues au tout début du siècle ; les esquisses ont été déposées chez un notaire le 31 janvier 2002. Vingt-trois ans plus tard, où en est-on ? En 2004, Nantes Métropole passe une commande portant sur l’Éléphant, les premiers éléments de l’Arbre aux Hérons (alors dénommé l’Arbre aux Oiseaux), les premiers éléments du Carrousel des mondes marins  et la Galerie des Machines. Trois ans plus tard, les Machines de l’île ouvrent au public ; le Carrousel suit en 2012. Depuis douze ans, le seul événement majeur a été l’abandon de l’Arbre aux Hérons, sans rien pour le remplacer. Où sont l’imagination et la créativité dont se targuaient Le Voyage à Nantes et son patron ?

Les pannes fréquentes du Grand Eléphant contribuent
à plomber les comptes des Machines de l'île

Les résultats réels des Machines de l’île ont toujours été un peu mystérieux à cause de chiffres bidonnés (voir par exemple les articles sur le bilan 2014). Cette mauvaise habitude a pu contaminer Nantes Métropole. Selon son rapport annuel 2023, « 745 740 visiteurs ont été accueillis [aux Machines] en 2023, soit + 22 % par rapport à 2022 et + 5 % par rapport à 2019 ». Un calcul simple permet d'en déduire que les Machines ont accueilli 611 262 visiteurs en 2022 et 710 229 en 2019. Erreur ! Le rapport annuel 2022 de Nantes Métropole indiquait que « 677 826 visiteurs payants ont été accueillis en 2022 » ! Quant à 2019, le rapport de la DSP des Machines de l’île précisait de son côté que « la fréquentation totale des Machines de l’île en 2019 s’est élevée à 738 579 visiteurs ». On ne s’embêtera pas à déterminer lesquels de ces chiffres sont faux (a-t-on gonflé ceux de 2022 ou rogné a posteriori ceux de 2021 et 2019, à supposer qu'ils aient été vrais initialement ?), mais l’erreur de calcul aboutit à embellir le résultat affiché pour 2023.

Les Machines de l’île aux mains du secteur privé ?

Une chose est certaine en tout cas : la situation financière des Machines est très mauvaise. Hélène Madec, à leur tête, et Sophie Lévy, à la direction du Voyage à Nantes, vont avoir beaucoup à faire. À moins qu’elles ne se débarrassent de cet héritage de Jean-Marc Ayrault ? Nantes Métropole a mis en ordre l’an dernier le contrat qui la lie à Pierre Orefice et François Delarozière. Elle a relevé le pourcentage qui leur est versé sur les recettes de billetterie (plafonné à 23 700 euros par an et par personne, il augmentera selon l’indice des prix). Mais elle a aussi veillé à introduire la clause suivante :

Nantes Métropole pourra librement rétrocéder à tout tiers de son choix et notamment à un délégataire chargé de l'exploitation des Équipements, tout ou partie de ses droits et obligations tels que définis par le présent contrat, et notamment accorder toute licence d'exploitation de tout ou partie de ces droits à tout tiers de son choix, et ce, dans les limites et conditions définies par le présent contrat.

Cette disposition couvre aujourd’hui la délégation de service public (DSP) au nom de laquelle le Voyage à Nantes exploite les Machines. Mais ladite DSP s’achève à fin 2025. Le secteur privé mettra-t-il la main sur les Machines en 2026 ?

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/les-machines-de-lile-peuvent-elles-sauver-leur-peau/

Les Machines de l’île peuvent-elles sauver leur peau ?

08 décembre 2024

Jean Blaise retraité : acompte sur critiques à venir

Jean Blaise part en retraite à la fin du mois. C’était un personnage important de ce blog puisqu’il est au moins cité dans 166 des 1 131 articles parus ici depuis 2008, soit près de 7 %. Une dizaine d’entre eux lui sont même consacrés. Si les louanges officielles ne vous suffisent pas, vous pourrez vous référer par exemple à cette série parue en 2014 :

1. C’est le requiem pour Jean Blaise
2. Jean Blaise, culturel ou politique ?
3. Se réchauffer à la flamme des Allumées
4. Fin de cycle
5. Il y a quelque chose de pourri au royaume de Jean-Marc
6. Aveu tardif

2014, c’était la fin de sa période flamboyante. C'était aussi l'élection municipale. Une déclaration de Johanna Rolland a fait croire qu'elle allait changer de politique culturelle, et des langues ont commencé à se délier. Puis Jean Blaise a sauvé sa place et les langues se sont reliées et ralliées. Puis la routine s’est installée. On est entré davantage dans le registre du comique de répétition.

Jean Blaise a toujours été, comme on dit, un « bon client », jamais avare d’affirmations péremptoires, de prétentions acrobatiques et de vérités alternatives. Le plus étonnant n’est pas qu’il soit tant critiqué ici ; c’est qu’il le soit si peu ailleurs.

Flagornerie ? Pas forcément. Pour les éloges, il suffisait de citer. Dès l’époque d’Estuaire, Jean Blaise n’a pas lésiné sur l’autopromotion. Pour les critiques, il n’aurait pas été nécessaire de gratter beaucoup. En particulier lors de la présentation de résultats faux, improbables ou invérifiables, éventuellement retouchés a posteriori en fonction des besoins ultérieurs, comme en 2012. Pour qu’un échec soit reconnu, il fallait qu’il soit patent, et même ainsi Jean Blaise trouvait éventuellement des boucs émissaires, comme Hécate en 2017.

La bonne presse

Un rapport de la Chambre régionale des comptes aurait pu lui coûter sa carrière en 2011. La presse a alors su modérer ses critiques. Il lui est néanmoins arrivé de se lâcher, par exemple à propos de son travail au Havre pour le compte d’Édouard Philippe à un moment où il aurait plutôt dû préparer la réouverture du musée d’arts, ou à propos de l’échec du Voyage en Hiver. Frap, dans Presse Océan, lui a consacré un certain nombre de caricatures vachardes et bien senties.


Et si l’irrégulomadaire satirique nantais La Lettre à Lulu se montre discret (les moteurs de recherche ne repèrent dans ses pages qu’une douzaine de mentions, anodines pour la plupart, en plus de vingt ans et 129 numéros), le média autonome Contre-Attaque a émis quelques critiques virulentes, tandis que le site d’investigation Mediacités publiait plusieurs enquêtes fouillées qui ont dû faire tousser du côté de la rue Crucy, par exemple à propos des résultats financiers de la SPL Le Voyage à Nantes.

Le bilan réel de Jean Blaise reste à écrire : Son action a-t-elle, comme espéré et prétendu, inscrit Nantes sur la carte culturelle internationale ? Que reste-t-il réellement des Allumées ? À quel point les « œuvres pérennes » du Voyage à Nantes ont-elles enrichi la ville ? Que va-t-on faire des Humans de Breuning ? Les opérations estivales ont-elles créé une attente dans le public ? Le déficit financier de 2023 est-il un accident passager ? Les Machines de l’île peuvent-elles se relancer sans Arbre aux Hérons ? La « promotion culinaire » façon VAN s’adresse-t-elle au bon public ? La justice risque-t-elle de débusquer d’autres Station Nuage ? Etc. Sophie Lévy n'a probablement accepté la succession que sous bénéfice d’inventaire.

Voir biographie résumée dans Nantes Plus :

ttps://nantesplus.org/bluff-et-blaise-sont-dans-un-bateau-derniers-coups-de-rames-avant-la-retraite/

Bluff et Blaise sont dans un bateau : derniers coups de rame avant la retraite

17 septembre 2024

Le Nuage de Saint-Sébastien-sur-Loire fait craindre un orage à Nantes

 La mairie de Saint-Sébastien-sur-Loire a annoncé son intention de porter plainte pour usurpation d’identité : quelqu’un s’est fait passer pour l’un de ses agents afin de signaler à la presse que l'hôtel de ville a été perquisitionné voici quelques jours. La police enquête en effet sur les conditions dans lesquelles la commune, Joël Guerriau étant maire, a construit une guinguette bleue, la Station Nuage, sur l’île Forget. « La procédure suivie était irrégulière » a affirmé la chambre régionale des comptes dans un rapport de 2022. La mécanique était lancée, lente mais inexorable.

Où s’arrêtera-t-elle ? Sans doute pas à la plainte pour usurpation d’identité, qui ne fait que rajouter un peu de brouillard au Nuage. La Chambre reproche à Saint-Sébastien d’avoir passé un marché en invoquant abusivement l’article R2122-3 du code de la commande publique, qui permet de déroger au droit commun pour les achats d’œuvres d’art. Ce marché-ci ne porte que sur 167.000 euros. Mais la commune a agi en accord avec Le Voyage à Nantes. Or Le Voyage à Nantes est coutumier de cette dérogation. Et Nantes Métropole aussi. Là, c’est de millions d’euros qu’il est question, notamment pour les  dépenses liées à l’Arbre aux Hérons.


L’affaire pourrait donc avoir des retombées plus vastes. Avec un présumé innocent tout désigné : Fabrice Roussel, tout nouveau député de Loire-Atlantique, qui a signé bon nombre des contrats en cause comme président du Voyage à Nantes ou comme premier vice-président de Nantes Métropole.

Il devait bien s’en douter, que l’Arbre aux Hérons était un truc à avoir des problèmes. En 2020, Nantes Métropole a conclu un contrat avec un cabinet d’avocats parisien pour la conseiller dans les affaires relatives au projet. Montant : 80.000 euros, quand même… Or ce budget prévu pour quatre ans a été consommé en deux ans seulement, et un nouveau contrat a été passé pour 200.000 euros au printemps 2022. Fabrice Roussel avait été informé fin décembre 2021 des critiques adressées par la chambre régionale des comptes à Saint-Sébastien-sur-Loire. En juillet 2022, la Chambre a publié son rapport définitif. Et en septembre 2022, Fabrice Roussel et Johanna Rolland ont annoncé l’abandon de l’Arbre aux Hérons, de manière précipitée et en invoquant une raison peu plausible. La météo juridique n’est pas au beau fixe.

Voir article complet sur Nantes Plus :

https://nantesplus.org/un-gros-nuage-sur-le-voyage-a-nantes-et-sur-un-depute-de-loire-atlantique/

Un gros nuage sur Le Voyage à Nantes et sur un député de Loire-Atlantique